(Article paru dans la Lettre de l’Assurance 1054 du 4/11/10)
Reprenant une information publiée par L’Agéfi, Les Echos du 2 novembre indiquent que le nouveau patron d’Axa France travaille sur une stratégie destinée à lui permettre de vendre mieux pour moins cher. Cette recherche de compétitivité n’est pas nouvelle : tout dirigeant responsable ne conçoit pas de croissance sans rentabilité. Ce que peu d’assureurs français ont en revanche assimilé, c’est la nouvelle donne héritée, pour l’assurance non vie du particulier, de la loi CHATEL sur la tacite reconduction et des comparateurs qui fleurissent sur Internet en même temps que la souscription en ligne. Sans parler de la Bancassurance qui n’a rien à défendre et tout à avaler ! Quel modèle stratégique proposer alors face à ses armes de destruction massive de portefeuilles ? Même le modèle mutualiste, longtemps mis en exergue, commence à douter : c’est en effet Paul Le BIHAN, tout nouveau directeur général de Sferen qui déclare : “ la référence aux valeurs sans excellence dans la performance ne suffit plus. ” Ou encore Pascal DEMURGER, directeur de la Maif : “ la première condition au succès du modèle de nos mutuelles (ndlr : la même homogénéité au sein d’une population donnée) n’apparaît plus aussi bien remplie qu’auparavant. La seconde condition était l’acceptation de nos clients d’appartenir à une communauté et de consommer comme cette communauté. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Chacun cherche plus à se distinguer qu’à se conformer. Ce trait culturel se retrouve à propos de la mutualisation du tarif. Jusqu’à présent, une forme de chaîne de solidarité primait. Désormais ce n’est plus le cas, un grand nombre de sociétaires n’accepte plus de couvrir le risque de l’autre ” (1). En assurance-vie du particulier, la problématique est encore plus pressante : selon la FFSA, septembre a vu une baisse des cotisations (-2 %) conjuguée à une forte hausse des prestations versées ; en outre, les taux à long terme restent en dessous des 3 %. Comment garantir du 3,5 % tout en finançant la marge de solvabilité ? En se gavant d’emprunts grecs, portugais ou moldaves ? Les réponses, précises, des assureurs à ces questions font cruellement défaut…
(1): Ces deux citations sont extraites d’interviews données au magazine des anciens de l’Ena (n° 404 de septembre 2010)
