Les Indignés Pourquoi la jeunesse du monde s’indigne-t-elle ?

En Tunisie, en Lybie, en Algérie, en Syrie, au Yémen , au Maroc, mais aussi en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Islande, en Irlande et en Grande-Bretagne, les jeunes se rebellent et s’indignent.

En Afrique du Nord, les jeunes sont plus nombreux que les anciens. A l’inverse en Europe, les jeunes ne sont pas assez nombreux.

Quand les jeunes sont les plus nombreux, ils peuvent espérer un sort meilleur dans une démocratie où ils pourront user de leur droit de vote.

A l’inverse, quand les anciens sont plus nombreux que les jeunes, les anciens utilisent leur pouvoir électoral à leur avantage.

Dans les pays où la jeunesse l’emporte par le nombre, le défi pour les pouvoirs en place est d’être à même de créer les conditions d’une croissance économique susceptible d’apporter un emploi et des perspectives d’ascension sociale aux jeunes générations, dont beaucoup ont eu accès à une formation secondaire et même pour certains, à des études universitaires.

Les renversements de Ben Ali, d’Hosni Moubarak, d’Ali Abdallah Saleh et peut-être demain de Kadhafi, de Bachar El Assad, de Bouteflika, sont portés par l’indignation devant un statu quo qui exclut la jeunesse d’un avenir fait d’opportunités.

A y regarder de près, les jeunes qui se rassemblent Place du Rossio à Lisbonne, à la Puerta del Sol à Madrid, Place Tahrir au Caire, Place Syntagna à Athènes, sont eux aussi indignés contre le système dans son ensemble, contre les politiques et les partis, contre la précarité de l’emploi, l’impossibilité de se loger, contre le gouffre qui se creuse entre les nantis et eux.

Réalisons-nous ce qu’implique pour cette jeunesse européenne de moins de 24 ans en cet été 2011 un taux de chômage en pourcentage de la population active de 42,8% en Espagne, 36,9% en Grèce, 29,8 en Italie, 23,5% en France [560.000 jeunes sont inscrits à Pôle Emploi dont 100.000 depuis plus d’un an], 23,0% au Portugal, 19,9% au Royaume Uni ?

L’OCDE, dans une étude sur l’économie espagnole estime qu’il faudra attendre 2026 pour que le taux de chômage espagnol, aujourd’hui de 21% revienne à 8,5%.

Comment s’étonner alors que la jeunesse s’indigne d’une telle situation ?

Comment peuvent-ils accepter que pour conquérir des marchés émergeants, les grands groupes européens délocalisent les usines puis rapidement, les technologies et les méthodes ?

Le coût de ces politiques, c’est la suppression des emplois de qualification moyenne, des ouvriers qualifiés aux cadres et l’absence d’emplois pour les jeunes générations.

Il existe une autre voie qui suppose une volonté farouche et persévérante de conserver les usines et les emplois sur le sol européen.

Bien sûr, elle implique de considérer que le maintien de l’emploi est aussi important que la recherche de profits.

C’est cette considération que demande la jeunesse européenne.

Puisse-t-elle être entendue.

PML

 

Le 20 juin 2011 dans Le Blog de PML Tags: