Jean-Luc Bengel est mort.
Il est décédé le 3 août dernier, victime d’une longue maladie comme on dit pudiquement, c’est-à-dire d’un cancer parti de la moelle épinière pour finalement atteindre tous les organes vitaux, provoquant un décès rapide, cruel mais libérateur car il n’aura pas eu le temps de trop souffrir.
Jean-Luc était un journaliste mais aussi un entrepreneur : fondateur de La Lettre de l’Assurance puis de Gestion de Fortune, il avait transmis le virus de l’écriture à l’un de ses fils, Eric. Car la famille n’était pas rien pour Jean-Luc, à commencer par son épouse, Eliane, qui reste tellement attachée à la réussite de l’œuvre entreprise. Malgré sa discrétion, son peu de goût pour la lumière, son efficacité reste indissociable des succès accumulés par son mari.
Jean-Luc avait fait valoir le 30 juin dernier ses droits à la retraite, non pas pour le plaisir de ne rien faire tant sa vie aura été rythmée par la pression du papier à écrire ou du débat à animer ; mais déjà la maladie régentait son existence : son dos le faisait terriblement souffrir et il consentait enfin à se reposer dans ce département du Var qu’il aimait tant, que ce soit à Cuers ou à Toulon.
Je pense à Eliane, je pense à leurs enfants.
Je pense à toi mon Jean-Luc, à cette soirée à Villiers-sur-Orge au cours de laquelle j’avais découvert tes talents de crooner ; à tes sourires complices quand tu découvrais les articles assassins que je t’avais concoctés pour La Lettre et que tu as toujours eu le courage de publier sans jamais y apporter la moindre modification ; à nos déjeuners devenus trop rares ces derniers temps, et pour cause, au cours desquels nous refaisions le monde, notamment celui de l’assurance, pestant après la médiocrité de quelques-uns de ses acteurs sur laquelle nous nous entendions toujours…
Salut l’ami. C’est peu de dire que tu vas me manquer.
JdB
