LE TAUX DE RENDEMENT DE L’AFER EN 2011 POUR SON FONDS EN EURO

En annonçant un taux de rendement de 3,43% pour son fonds garanti en euro pour l’année 2011, soit un rendement très voisin de celui servi en 2010 (3,52%), alors que le marché tablait sur une baisse de 0,3%, le Président de l’Afer, Gérard Bekerman, le directeur général d’Aviva France, Philippe Maso y Guell Rivet et le directeur général d’Aviva Investors Europe (Aviva Investors Europe gère le fonds garanti de l’Afer, Jean-François Boullier ont été obligés à un effort de transparence pour rendre crédible ce résultat d’autant que le fonds était exposé au début de l’année 2011 à hauteur de plus de 2 % de son encours à des obligations grecques.

Qu’ont-ils dit ?

1/ Au 31/12/ 2011, le fonds garanti de l’Afer dont l’encours est dorénavant de 40 milliards d’euro, détient seulement 37,6% d’obligations d’états, ce qui est exceptionnellement faible pour une société d’assurances. En clair, les gestionnaires d’Aviva Investors Europe ont vendu massivement au 1er semestre 2011, sur le marché, des obligations d’états en portefeuille et les ont remplacées par des obligations d’entreprises dont le rendement est très supérieur, permettant ainsi de doper le rendement du fonds et de sortir ce taux de 3,43%.

2/ Au 31/12/ 2011, le fonds garanti de l’Afer reste exposé à hauteur de près de 3 milliards d’euros sur les obligations italiennes, profitant ainsi de taux élevés. Le directeur général d’Aviva Investors Europe ne craint pas de dire qu’il y aura « des opportunités sur les obligations de cet Etat ». Il est intéressant de noter que les banques françaises se sont au contraire déchargées fin 2011 de la dette souveraine italienne.

-       En ce début d’année 2012, les gestionnaires d’Aviva Investors se portent sur le marché des actions, jugeant que « les actions sont particulièrement attractives car  les entreprises sont dans une bonne santé qui n’est pas reflétée dans les prix ». C’est un pari inattendu et risqué car le moins que l’on puisse dire, c’est que ce point de vue est rarement partagé par les principaux investisseurs, du fait de la récession qui va frapper la zone euro en 2012 et des conséquences de cette récession sur l’économie mondiale. Faut-il rappeler que l’Union Européenne est la 1ère économie mondiale devant les Etats-Unis et la Chine ?

Pour tenter de maintenir un taux de rendement supérieur  à leurs concurrents, les gestionnaires du fonds garanti de l’Afer prennent des risques ; ils revendiquent même « une gestion d’actifs opportuniste ». Elle est  certainement réfléchie, mais sans parachute, car on a appris au détour d’une phrase qu’Aviva n’a jamais dotée la PPE du fonds de garanti de l’Afer !

3/ La naïveté et la franchise de Gérard Bekerman sont touchantes : «  On trouve de bons taux chez des compagnies d’assurances qui ont utilisé leur provision pour participation aux excédents ». L’Afer revendique, elle, un « taux naturel », puisqu’elle ne s’est pas dotée de cet outil.

4/ Le fait de ne pas avoir doté la PEE explique aussi pourquoi, alors que ces concurrents mettaient en réserve pour des jours moins favorables une partie du résultat, l’Afer a réussi à toujours courir en tête dans la course au taux rendement.

Pour cette même raison, elle doit aujourd’hui faire le choix d’une gestion opportuniste assez étrangère à ce que l’on attend d’un fonds garanti, d’autant qu’à l’inverse de ses concurrents, elle ne peut pas trouver un appui pour maintenir un taux satisfaisant dans une provision qui n’a pas été constituée si les paris pris en ce début d’année, notamment dans des placements en actions s’avèrent malheureux en fin d’année !

Souhaitons aux gestionnaires du fonds de l’Afer beaucoup de réussite dans leur gestion opportuniste car dans le cas contraire, il est à craindre que le recul de la collecte par la première association d’épargnants française (elle compte fin 2011 735.000 adhérents) ne s’amplifie.

Ce recul a été d’un milliard d’euros en 2011.

A ce recul de la collecte est venue s’ajouter une forte progression des rachats qui ont été plus importants que la collecte en 2011 :

- des rachats partiels, qui ont atteint en 2011 1,87 milliard d’euros,

- des rachats totaux qui se sont élevés en 2011 à 261 millions d’euros.

Enfin, l’Afer  a du faire face à 747 millions de prestations par suite du décès d’épargnants.

Au final, l’Afer a subi une décollecte de 900 millions d’euros. Depuis sa création, elle n’avait jamais eu à constater une telle situation.

Bravache, Gérard Bekerman affirme « qu’il faudra s’habituer à vivre au 21ème siècle avec un effet prestations en assurance-vie ».

En fait, mais il ne peut pas le dire, c’est le modèle de l’Afer qui doit-être totalement repensé.

 

 

PML

 

 

Le 16 janvier 2012 dans Le Blog de PML Tags: , ,