Nicolas Moreau, Directeur général d’AXA France affirme en décembre 2011 dans les colonnes de La Tribune :
« Une décollecte durable de l’assurance-vie n’aurait pas d’impact sur la rentabilité puisqu’elle dépend des encours, donc de l’épargne en stock et non des flux. »
Jean-Philippe Thierry, Vice-président de l’Autorité de Contrôle Prudentiel, croit nécessaire dans Les Echos du 17 janvier 2012, de préciser qu’en cas de décollecte durable :
« L’équilibre d’exploitation des compagnies qui font majoritairement de l’épargne devra évidemment être surveillé de plus près car les frais d’entrée et les chargements sur encours ne progresseront plus. »
Jean-Philippe Thierry, toujours, sur comment les assureurs devront arrêter leurs comptes 2011 :
« Les sociétés d’assurances devront déprécier leur dette grecque, ainsi que les actions, les obligations (indexées ou non amortissables), les participations dont la valeur a durablement baissé ces derniers mois. Les comptes sociaux devront refléter ces pertes de valeur. »
L’ACP va demander aux assureurs de relever de 60%, (le taux qui prévalait jusqu’à présent), à 70% leur taux de provisionnement de la dette grecque.
L’exposition des filiales d’assurances du Crédit Agricole (notamment Predica) à la dette grecque est de 6,3 milliards d’euro. Ce portefeuille a été déprécié de 3,8 milliards d’euro aux deuxième et troisième trimestre, dont 3,2 milliards à la charge des assurés et 620 millions pour le groupe Crédit Agricole (avant imputation aux minoritaires). Une nouvelle décote de 10% supposerait 630 millions de charges à répartir entre le Crédit Agricole et ses assurés.
L’assurance-vie a subi cinq mois de décollecte entre août et décembre 2011.
La décollecte est allée croissante :
- 300 millions d’euro en août,
- 1,8 milliard en septembre,
- 2 milliards en octobre,
- 2,6 milliards en novembre,
- 3,8 milliards en décembre.
La collecte nette a été divisée par sept sur l’ensemble de l’année et n’atteint que 7,6 milliards d’euro à comparer avec une collecte nette de :
- 64, 8 milliards d’euro en 2006,
- 53,9 milliards d’euro en 2007,
- 28,4 milliards d’euro en 2008,
- 50,4 milliards d’euro en 2009,
- 51,1 milliards d’euro en 2010.
Pour la FFSA, cette situation serait à imputer au fait que « les ménages ont puisé dans leur épargne pour consommer. »
Vraiment !
Le taux d’épargne des ménages, (leur épargne brute : investissement en logement et épargne financière) rapportée à leur revenu disponible brut a atteint un pic à compter du 2ème trimestre 2011, au-dessus de 17%.
Où donc est allé l’argent ?
Dans les banques françaises, qui ont augmenté leurs dépôts de 130 milliards d’euro en 2011,
Et tout particulièrement leurs dépôts à terme.
Dire, dès lors, comme Bernard Spitz, président de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) que l’assurance-vie reste « le pilier de l’épargne longue en France » est audacieux.
PML
