L’ascension irrésistible des filiales dommages des bancassureurs français
Alors qu’en Assurance-vie les Bancassureurs ont engagé une « retraite structurelle », contraints par les règles prudentielles de Bâle III à rapatrier sur des dépôts à terme bancaires, de leur maison mère, l’épargne sur les contrats d’assurance-vie de leurs clients, les données 2011 révèlent le succès de leur stratégie de diversification en assurances dommages. Laissons parler les chiffres 2011 (chiffre d’affaires) :
| Activité Vie | Activité Dommages | |
| Groupe Crédit Agricole Assurances | -14,9% | + 8,7% |
| Groupe BNP PARIBAS CARDIF | -17,9% | + 8,5% |
| Groupe SOGECAP/ SOGESSUR | -14,1% | + 30% |
| Groupe des Assurances du Crédit Mutuel | -13,0% | + 5,5% |
Une analyse comparative du portefeuille Dommages du Groupe Crédit Agricole Assurances qui regroupe les portefeuilles de PACIFICA et de la Médicale, avec celui de la MATMUT, donne un éclairage sur cette montée en puissance des Bancassureurs en Dommages.
En 2011, la MATMUT avait 2,2 millions de contrats MRH en portefeuille, le Groupe Crédit Agricole Assurances, 2,8 millions.
En 2011, la MATMUT avait 2,8 millions de véhicules assurés, autant que la GMF, le groupe Crédit Agricole Assurances, avec 1,9 millions de contrats les aura rattrapés en 2015 !
En 2011, la MATMUT a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliards d’euros en baisse de 1,4%, le Groupe Crédit Agricole Assurances a réalisé en Dommages un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros, en progression de 8,7%.
18 mois après le lancement de son offre santé, la MATMUT affiche fin 2011 54000 contrats en portefeuille, le Groupe Crédit Agricole Assurances, 5 ans après le lancement de son produit, a 904 500 contrats en portefeuille.
La MATMUT, l’une des cinq grandes MSI avec la MACIF, MAAF, MAIF, et GMF, est aujourd’hui distancée par le premier des Bancassureurs en Dommages.
Il est intéressant de noter que les Bancassureurs qui ont développé une stratégie de développement de l’assurance Dommages, reportent sur cette activité la recherche du produit net bancaire auquel ils doivent renoncer du fait de leur retraite sur le marché de l’Assurance-vie.
C’est un axe stratégique d’être à la fois banquier et assureur car c’est un relai de croissance du PNB et de la défiscalisation.
Le Crédit Agricole, comme tous les banquiers, a développé depuis le passage à l’Euro des services en ligne, à destination de la clientèle bancaire.
Or, il faut attendre 2010 pour voir PREDICA, sa filiale d’assurances-vie, proposer aux clients des caisses régionales et à ceux du réseau LCL, la possibilité de souscrire en ligne des contrats d’Assurance-vie.
De même, ce n’est qu’en 2010 que PACIFICA propose la souscription en ligne pour la Santé, la GAV, la MRH et, depuis le 1er janvier 2011, la souscription en ligne de son contrat auto.
Le choix du multicanal s’est imposé dans le cadre d’une stratégie offensive de développement, mais aussi pour éviter d’être déstabilisé lorsque la souscription en ligne atteindra 20% des affaires nouvelles. La règle est connue lorsqu’Internet accapare 20% des affaires nouvelles, les modèles économiques des acteurs historiques vacillent. C’est le cas dans la vidéo, la musique les jeux, les voyages, les vacances, ce sera le cas de demain de l’assurance Dommages.
Il ne faut donc pas tarder à prendre le virage du numérique. PACIFICA a pris le tournant au bon moment.
L’intérêt de l’approche vers le numérique du Groupe Crédit Agricole Assurances est que son offre Internet n’est accessible qu’aux clients des Caisses régionales et de LCL. Cette stratégie s’inscrit strictement dans une logique de fidélisation de la clientèle bancaire du Groupe.
Il est vrai qu’avec une clientèle sinon captive, du moins déjà acquise de 20 millions de clients (clients du réseau Crédit Agricole + clients du réseau LCL), il reste à faire avant d’avoir à s’ouvrir sur une clientèle étrangère au Groupe.
PML
Aucun commentaire
Trackbacks/Pingbacks