La FFSA en panne sur la bande de gauche?
Mais que se passe-t-il à la FFSA? La victoire de la gauche au soir du 6 mai y laissait pourtant présager un avenir radieux. Son Président n’est-il pas un militant de toujours, rocardien patenté, leader des Gracques et maintenant prétendant légitime à une connaissance approfondie de la finance dans un monde en crise? Exemple fin janvier 2012 : le médiatique Bernard Spitz se produit comme chaque année aux journées organisées à Grenoble par le quotidien Libération. Il doit y disserter de la gauche moderne, dont il est un vaillant représentant. Ce touchant soutien, à quelques semaines d’élections présidentielles où la gauche était donnée gagnante, ne manque pas d’illustrer un sens de l’engagement désintéressé.
S’agissant du Président d’une fédération longtemps dirigée par un chantre du libéralisme échevelé aujourd’hui reconverti dans le scoring patrimonial, l’intervention de Bernard Spitz promettait un bel exercice d’équilibrisme. Manifestement, le public en a eu pour son argent ce jour-là. Voici ce qu’en dit le journal libération.fr le 29 janvier 2012 : «Bernard Spitz décrie « un système entièrement fondé sur la répartition. » Et enchaîne sur des analyses complexes à propos du bouclier sanitaire qu’il faudrait mettre en place (…)».
Le journal continue: «Nicolas Demorand, modérateur en chef, a fini par perdre son calme face à Bernard Spitz : « Répondez à la question concrètement et arrêtez de la contourner ! » Ce serait bien la première fois que Bernard Spitz, bien connu pour ses facultés oratoires, ferait des réponses obscures et alambiquées à des questions simples. Un homme de communication comme lui ne pèche guère par ce genre de faiblesse.
Pourtant, Bernard Spitz n’a toujours pas été sollicité par la gauche. Simple question de temps, ou prudence élémentaire d’une nouvelle équipe gouvernementale qui n’a pas envie de s’entourer d’un opposant à son fond de commerce?
On notera aussi qu’Arielle Texier, petite main de Bernard Spitz, après avoir eu la même exaltante fonction auprès de Jean-Marc Ayrault alors président de groupe à l’assemblée nationale, reste elle aussi à la FFSA. En revanche, La Lettre de l’assurance nous a récemment appris que l’ancienne directrice de la communication, Isabelle Clap, virée à coups de pied aux fesses par Bernard Spitz en 2010 (c’est une image, puisqu’elle était alitée à l’hôpital lorsque survint son licenciement), est devenue la conseillère presse de Marisol Touraine.
Si l’on ajoute à ces déconvenues la création d’un ministère de l’économie sociale et solidaire où a ses entrées directes l’USGERES (dont le GEMA est membre), on a envie de glisser à Papy Bernard : « rabats-toi sur la bande de droite, tu ne roules pas assez vite pour rester à gauche ! »
Gérard BEC
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