Portrait :
Christian Cochennec,
le vivant et le second degré assumés

Christian Cochnennec, directeur général de la MGEN, sera l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 14 octobre 2026. Voici son portrait.

Portrait : Christian Cochennec, le vivant et le second degré assumés
Portrait : Christian Cochennec, le vivant et le second degré assumés

Christian Cochnennec, directeur général de la MGEN, sera l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 14 octobre 2026. Voici son portrait.

Les fortes chaleurs s’étirent sur ce mois de septembre. Christian Cochennec nous reçoit dans son bureau, une salle de réunion fonctionnelle aux grandes baies vitrées ouvertes sur un open space. Il y fait chaud, malgré les stores tirés. « Un problème de climatisation » qui ne semble pas le perturber. Une tendance qui se confirmera tout au long de l’entretien.

Christian Cochennec est né le 10 mai 1967 au Trévoux, « dans le sud-Finistère » (29). Il précise dans un sourire que sa naissance n’a eu « aucune conséquence avec le 10 mai 1981 ».
Il se définit comme un élève « un peu rebelle ». « J’avais de bonnes notes, mais j’avais du mal avec l’ordre et le respect des normes », ajoute-t-il. Ce n’était pas toujours suffisant pour amadouer les professeurs. « Ça en énervait certains… », avoue-t-il dans un sourire. Effet MGEN peut-être, il n’en dira pas plus sur son rapport avec le corps professoral.
Le lycée se déroule à Quimper, en internat. Christian Cochennec en garde de bons souvenirs, « une bonne ambiance, la camaraderie, c’était très sympa ».
Les réponses du dirigeant sont courtes, elles vont s’allonger au fil de l’entretien. Il ne se départit jamais d’un sourire plus ou moins prononcé. Dans le jeu, mais prudent.
Il a très rapidement su quel serait son métier. « Je voulais travailler dans l’agrochimie. Je suis ingénieur agro et agrochimiste, j’ai fait ce que je voulais faire », confie le directeur général de la MGEN. « Le vivant m’attirait, j’adorais la biologie, je me disais que ce devait être compliqué de comprendre tous les mécanismes des plantes ».

Fils d’agriculteurs, il ne voulait « surtout pas faire d’agriculture » mais a gardé cet attrait pour le vivant et la nature. Après le lycée, il entre en prépa, à Paris. « C’était super, loin de mes parents », dit-il sans ambages. « 500 kilomètres de la maison, c’était être indépendant, c’était vraiment bien ». Il loge à Antony (92) dans une cité U. « Partir à 18 ans, c’était top, c’était vraiment l’aventure », sauf que « je n’avais pas conscience qu’il fallait bosser autant. » Christian Cochennec parle d’un petit manque de lucidité.
Il place la priorité sur la prépa, mathématiques et biologie, au cours de laquelle « il faut avaler de la connaissance… Même en étant très très fort en maths, en biologie il faut vraiment apprendre et emmagasiner de la connaissance. » Il a toujours l’ambition de rentrer en école supérieure d’agro, et y parvient.
Il part alors à… Toulouse. « Ambiance ! », évoque-t-il au moment de comparer avec Paris. « C’est beaucoup plus sympa, il fait beau dès le mois de mars, les soirées qui se prolongent jusqu’à fin octobre, c’est vraiment très agréable ». Un élément permet également de profiter de la ville : « à l’école, on ne fait rien, ou alors pas grand-chose. On a le temps pour faire beaucoup d’autres choses ». Il y a la fête, dans une ville qui s’y prête mais  « raisonnablement – correctement », confie Christian Cochennec avec une malice. Il se met également à l’informatique, « ça a d’ailleurs été très utile pour la suite », ajoute-t-il.

La carrière professionnelle se dessine avec les stages. « J’ai fait un stage chez Rhône-Poulenc qui a été mon stage le plus utile… Je me suis dit : ‘au moins, je sais ce que je ne veux pas faire dans la vie : de la recherche en agrochimie’ », complète-t-il dans un rire. Il ne se sent pas pour autant coincé dans une filière qui ne lui plaira pas. « Quand vous avez 23 ans, vous ne doutez pas tous les jours de vos capacités à faire quelque chose ».

Après l’école, le jeune diplômé part pour son service militaire. Un moment « particulièrement structurant pour moi », confie-t-il. « À l’origine, je voulais faire de la coopération, mais il fallait attendre 5-6 mois… J’étais pressé, je voulais me marier, donc je pars pour faire cinq mois de classes, car je voulais être officier. Je ne voulais pas être militaire du rang ». Cette expérience commence à Tours, où il se souvient « du froid, de l’humidité ». Il entre chez les chasseurs alpins, en « garde un excellent souvenir » parce que « du sport tout le temps, beaucoup de nature ». Surtout, il prend goût au management, ce qui guidera ses choix professionnels futurs.

Après son service militaire en 1992, Christian Cochennec a des certitudes. Il a aimé exercer des responsabilités, manager, et pas du tout faire de la recherche en laboratoire.
Il entre chez GROUPAMA. L’assureur cherche un responsable de souscription pour le marché agricole, à Nantes. « Comme tout le monde, quand on rentre, on se dit que ça semble un peu poussiéreux ce secteur », confie-t-il d’emblée. « Et puis on découvre un truc incroyable : pour être un bon assureur, il faut comprendre le monde autour de soi. Ce que l’on veut assurer, l’économie du secteur dans lequel on est. Et je me suis dit que le nombre de métiers proposés était incroyable. Vous pouvez passer une carrière en changeant tous les 4-5 ans, en faisant des métiers radicalement différents ». Passionné, il parle des risques, de tarifications et même de comptabilité en assurance. « Je ne dis pas que c’est passionnant, mais c’est autrement plus compliqué qu’une entreprise classique », avance-t-il.
Il s’en rend compte « assez rapidement, au bout de quelques mois » et conclut par une dimension très humaine : « Dans l’assurance, vous rencontrez des gens plutôt smart ».
Christian Cochennec, c’est surtout une carrière chez GROUPAMA. Il commence dans une caisse « qui n’existe évidemment plus à GROUPAMA, qui s’appelait GROUPAMA LOIRE-OCÉAN ». De fusions en fusions, il passe de Nantes à Angers, puis à Rennes, la caisse devient GROUPAMA LOIRE-BRETAGNE et il en prend la direction générale en 2009, après avoir été responsable des directions techniques et financières. En 2015, il devient l’adjoint de Thierry Martel au groupe, et revient (une partie de son temps) à Paris.

Enfant, Christian Cochennec pratique « le football, parce que quand on habite dans un petit village, c’est plus simple ». Mais quand on grandit à quelques kilomètres de la mer, on peut aussi faire des sports nautiques. « Je n’avais pas le pied marin, et je ne l’ai toujours pas. J’ai un mal de mer terrible », confie-t-il. Il pratique ensuite beaucoup de course à pied « et ça m’allait très bien, seul et un peu en compétitions scolaires ».
Il arrête le foot au moment du lycée, sur un coup de tête et pour une raison… originale. « Je suis très mauvais perdant. Je détestais que mes collègues sortent de boîte de nuit et viennent jouer le dimanche matin. Je n’aimais pas perdre parce que les autres ne jouaient pas », raconte-t-il avec beaucoup de franchise, même s’il en rit encore. Il ne regarde pas le football, qui l’ennuie, et se souvient d’obligations professionnelles avec des clients. « Franchement, avoir froid, regarder un match de foot où personne ne met des buts, je l’ai fait dans ma carrière où il fallait absolument accompagner des clients… Quel enfer ! Quand vous allez à Rennes pour un 0-0 et que votre seul plaisir c’est d’avoir mangé une crêpe saucisse… »
« Ah, je pensais qu’on disait ‘galette saucisse’ », avons-nous réagi.
Christian Cochennec plante ses yeux dans les nôtres et reprend : « Vous avez raison, on dit une galette-saucisse. Mais vous allez manger dans une galetterie, vous ? ».
Amusé par l’effet produit, le dirigeant tire le fil de sa réflexion : « Je suis sud-finistérien, on parle de crêpes au froment et de crêpes au blé noir. Un gars de Rennes appellera ça une galette oui… » Il confie dans la foulée que ça l’amuse, mais également qu’il est tombé « un jour sur un restaurant qui s’appelait ‘La Galetterie’, mais pas du tout à Rennes, entre la Manche et l’Ille-et-Vilaine. » Et ça l’a bien embêté.
La tentation de relancer Christian Cochennec sur la Manche, le Mont-Saint-Michel et tous ces sujets qui peuvent titiller les Bretons est grande, mais il y a un portrait à finir. « Ah mais si, pourquoi ? Nous avons trouvé un moyen de faire entretenir par des Normands un site qui nous rapporte ! Je trouve que ce sont des gens honnêtement serviables », lance-t-il toujours avec un sens de la provocation et une finesse qui se dessinent. « Je trouve ça très drôle qu’on puisse organiser un débat pour savoir où se trouve le Mont-Saint-Michel… alors qu’il est de toute évidence en Bretagne ». Piquant.

Le week-end idéal de Christian Cochennec se fait « plutôt en famille, avec du temps pour moi, pour marcher en famille, lire… » Pas forcément à Rennes, mais « plutôt là où je suis. Si je suis ailleurs, c’est très bien ». Et niveau lecture, « j’adorerais lire des romans, mais la plupart du temps ça m’ennuie. Je lis quand même de temps en temps des polars, l’été, parce qu’il faut faire semblant d’aimer ça, mais je préfère des sujets qui m’interpellent. Toujours sur le vivant, sur l’origine de la vie… mais aussi sur des sujets d’économie, de société… ». Il l’explique pour deux raisons : « je ne veux pas être le dernier informé parce que s’il y a des gens qui ont réfléchi à ces questions-là, c’est toujours intéressant de voir comment ils voient l’avenir. Donc voilà c’est anticipé. Comprendre », lâche-t-il dans un souffle. Comprendre le vivant comme le vécu.

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