Portrait :
Benjamin Verlingue,
le courtage voyage
PUBLIÉ LE 21 Avril 2026
Benjamin Verlingue, PDG du groupe ADÉLAÏDE, sera l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 5 mai 2026. Voici son portrait.
Benjamin Verlingue, PDG du groupe ADÉLAÏDE, sera l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 5 mai 2026. Voici son portrait.
Des agendas difficiles à accorder ont rendu la rencontre physique impossible. Benjamin Verlingue, PDG du groupe ADÉLAÏDE nous reçoit en vidéoconférence depuis son bureau de Quimper. Il ne manque pas de nous montrer la vue en déplaçant la caméra, car « elle ne se décrit pas, elle se vit », comme il le dira en riant en fin d’entretien. Pas à pas, le dirigeant raconte sa vie dans cette Bretagne qu’il quitte pour mieux y revenir.
Benjamin Verlingue est né le 9 juillet 1987 à Quimper, dans le Finistère (29).
Quimper est au centre de toute la vie du PDG d’ADÉLAÏDE. « J’y ai passé une bonne partie de mon enfance, sur la côte bretonne », ajoute-t-il.
Le siège de la société, la maison familiale, les racines sont quimpéroises.
Benjamin Verlingue, après une longue hésitation, explique avoir été « plutôt un bon élève avec des facilités, qui en avait sous le pied et qui aurait pu en faire un peu plus ». Il résume, dans un rire : « Je faisais en sorte de ne pas avoir de problème de note pour avoir du temps et faire plein de choses ! » Il ne faut pas y voir de regret, mais le dirigeant explique que c’est venu sur le tard. « Je passe aujourd’hui beaucoup plus de temps ‘off’ à me former, sur les nouveautés comme l’IA ou les langues, que quand j’étais ado où je faisais ce qu’il y avait à faire mais sans forcément grande passion pour mes enseignants et un certain nombre de matières ».
À l’époque, l’adolescent ne sait pas trop quoi faire mais explique une « approche par entonnoir ». « J’étais à la fois curieux de beaucoup de choses, mais pas complètement décidé de ce que je voulais faire et j’avais la chance de ne pas devoir choisir trop tôt. […] Donc j’ai plutôt eu une approche par entonnoir, de me dire ‘qu’est-ce que j’aime, qu’est-ce que je n’aime pas’. Progressivement les études passant, je me suis spécialisé. Économie, finance, assurance, gestion des risques, ça commençait à donner un peu la voie », s’amuse-t-il.
Le chemin du courtage
Après le bac, il entre en prépa à Rennes et se spécialise sur l’économie. « En faisant mon chemin progressivement en découvrant l’entreprise familiale et en m’y projetant de plus en plus, il y avait une certaine appétence et une volonté d’aller chercher le bagage nécessaire et de me préparer », confie-t-il.
Les débuts de son indépendance à Rennes, n’ont rien d’exceptionnels selon Benjamin Verlingue. « Être à 2-3 heures de la maison, ça n’est pas une aventure extraordinaire », raconte-t-il, d’autant que ses études l’envoient pendant six mois en Chine. Il a appris les bases du mandarin et fait un semestre « à l’université de Finance ».
« J’étais à Jinan, ‘petite ville’ de 7 millions d’habitants », dit-il, après avoir rappelé que Quimper comptait 70 000 habitants un peu plus tôt. « Ce n’était pas un choc, il y avait un côté auberge espagnole, c’était super. C’était une chance de voir, à ce moment-là, une autre partie du monde, une autre façon de penser, je pense que c’est aussi assez intéressant. Ça permet de prendre un peu de recul par rapport à Paris versus la province ou Finistère nord versus Finistère sud. Ça m’a confirmé que la France n’était pas le centre du monde ».
Il conclut ses études à Dauphine, dans le master Assurance et gestion des risques où « j’avais comme prof Gilles Bénéplanc, pour la petite anecdote ». Son ancien professeur est arrivé dans le groupe en 2019, comme directeur général d’ADÉLAÏDE, aussi pour accompagner Benjamin Verlingue dans sa progression dans le groupe familial.
Petit courtier devenu grand
« Comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit ». Il participe aux événements de l’entreprise avec son père, puis joue son rôle d’actionnaire. « On échangeait sur l’entreprise, je voyais les comptes tout en gardant une bonne distinction : le week-end et les soirées, c’est fait pour la famille, pas pour le boulot », précise-t-il. Pour lui, c’est aussi une liberté qui lui est donnée. « J’ai toujours eu le sentiment d’être assez libre sur le choix de m’impliquer dans l’entreprise ou pas », ajoute-t-il. Benjamin Verlingue prend l’exemple de ses deux grandes sœurs, dont l’une travaille dans l’entreprise et l’autre non. « Les deux sont toujours invitées à Noël, et ça se passe très bien », s’amuse-t-il.
« Progressivement, les études avançant, je me suis posé la question, et me suis dit assez vite que si je rejoignais l’entreprise, c’était plutôt pour y prendre des responsabilités. Donc si je rentrais, je rentrais à 200 %. On ne rentre pas dans une entreprise familiale pour y passer 5 ans puis pour faire autre chose. À partir de ce moment-là, j’avais besoin d’expériences en dehors du groupe, à la fois dans le conseil et à l’international avant de m’impliquer et de rentrer et découvrir l’entreprise de l’intérieur ». Il poursuit sa formation dans le conseil. Il entre chez Deloitte, où il fait ses armes, avant de prendre ses premières responsabilités dans le groupe. Il passe un an à Chicago, chez Hub International, « un ‘petit’ courtier américain qui fait 10 fois notre taille ». Par la suite, Benjamin Verlingue revient dans le groupe et prend, en 2019, les filiales internationales, après le départ de Frédéric Grand. « Il fallait que quelqu’un s’y colle, et c’était un très bon accélérateur », explique-t-il, « car il n’y avait pas de comparaison possible, on ne pouvait pas me dire ‘ton père a fait ça’ ». Pour préparer la succession, la famille et l’entreprise s’organisent. « Mon père n’a jamais été mon manager. J’avais besoin d’être formé par des gens qui pouvaient me dire quand ça allait, et quand ça n’allait pas », détaille-t-il. Le relais est passé en juin 2024.
Voyages voyages
La présidence du groupe et une vie de jeune père de famille laissent peu de temps à Benjamin Verlingue pour ses passions, et notamment pour le sport. « Dans le sport occasionnel que j’aime bien, il y a le ski – pour un Breton, c’est logique – et dans le sport un peu plus régulier, je cours », répond-il, « j’essaie de faire un petit événement sportif de temps en temps, pour donner un objectif ». Il court quelques trails, semi-marathons et même marathons « mais je ne suis pas très rapide », s’amuse-t-il.
Plus jeune, il pratique le tennis « mais il faut que je le remette dans ma liste des choses à faire. Je jouais pas trop mal quand j’étais jeune et j’ai arrêté pendant la prépa. Quand j’ai réessayé quelques années après, j’avais l’impression de ne plus savoir jouer, ça a freiné mes ardeurs ! », lâche-t-il dans un rire. « Pareil, je ne suis pas golfeur… dans mes quelques défauts pour réussir dans l’assurance, il me manque cette carte », dit-il en riant.
La grande passion de Benjamin Verlingue, ce sont les voyages, car « c’est une curiosité que j’ai eu la chance d’affûter avec mes parents tout petit, et que j’ai gardé depuis 30 ans ». Nous lui demandons alors quelle serait une bonne destination de voyage et…
« Faut pas me lancer sur ce sujet ! Je crois que si je n’avais pas été courtier en assurances, j’aurais pu faire agent de voyage… même si maintenant avec l’IA, ça commence à être un métier compliqué », commence-t-il.
Il dit alors aimer « beaucoup l’Asie, plutôt en dehors des sentiers battus. Il y a de très beaux endroits, de très beaux paysages et de très belles cultures en Amérique du Sud ».
Benjamin Verlingue a changé sa façon de voyager, surtout depuis qu’il a « maintenant trois enfants, dont le plus petit à 9 mois (fin mars 2026, ndlr) ». Les voyages en famille demandent un peu plus de logistique, forcément, mais il rappelle qu’il a « fait un tour du monde avec mon épouse en un sac à dos pendant plusieurs mois ». Aujourd’hui, il conseille « la Bolivie, la Birmanie, quand c’est ouvert parce que c’est un très très beau pays, et la Mongolie ».
Voilà pour les voyages, mais le week-end c’est un peu… tout l’inverse. « Le week-end est avant tout un moment privilégié pour la famille, surtout avec deux jeunes enfants, et après il y a toujours beaucoup de choses à faire, avec les copains et au bord de l’eau. Et un peu de sport. Mais nous ferons des choses un peu plus exotiques quand tout le monde dormira ! », s’amuse-t-il encore.
Un temps pour tout.
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