PORTRAIT :
Mathieu Godart,
l'enthousiaste apprentissage
PUBLIÉ LE 2 Septembre 2026
Mathieu Godart, directeur général d’AXA France, sera l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 17 septembre 2026. Voici son portrait.
Mathieu Godart, directeur général d’AXA France, sera l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 17 septembre 2026. Voici son portrait.
En ce début de mois de juillet, la chaleur écrase « Les Terrasses », à Nanterre (92), où se trouve le siège d’AXA France. Le rendez-vous avec Mathieu Godart se déroule dans une salle climatisée qui ressemble à une petite salle de réunion mais qui se révèle être… son bureau. Le dirigeant se raconte avec facilité, des yeux bleus perçants, un grand sourire, avec en fond sonore les entraînements des chasseurs et avions militaires en répétition pour le défilé du 14 juillet.
Mathieu Godart est né le 10 mai 1975 à Cholet (49), « une ville que je connais à peine ». Son père est alors rugbyman et la famille se déplace au gré des transferts. La famille est originaire de la Somme (80) et revient dans le petit village de Méharicourt peu après la naissance de Mathieu Godart. Il grandit « au milieu du Santerre, qui veut dire ‘la terre saine’, où l’on cultive la pomme de terre, les betteraves sucrières… bref, ce sont des champs », explique-t-il. Le directeur général aime entrer dans les détails, être précis. Il donne le nombre d’habitants du village, le compare avec le bourg voisin de Rosières-en-Santerre où il est allé au collège. Ses parents sont professeurs, sa mère « directrice d’école primaire, mon père professeur de technologie », détaille-t-il. En fouillant dans ses souvenirs, Mathieu Godart évoque deux passions d’adolescent qui auraient pu devenir des métiers. « J’avais une table d’architecte dans ma chambre, et je dessinais des maisons. J’ai fait mon stage de troisième dans un cabinet d’architecture. Je dessinais des maisons en façade, les plans à l’intérieur… », confie-t-il. Mais il se souvient aussi vouloir « bosser dans l’automobile ». « J’ai toujours aimé l’automobile. La mécanique, la fabrication… Quand j’étais petit, je montais des voitures télécommandées. Je les achetais en kit, puis je rachetais un moteur boosté, il fallait mettre de l’huile avec la viscosité différente… j’aimais ça », explique-t-il. Aujourd’hui encore, il aime toujours autant les voitures « avec un moteur noble », entendez par là un moteur à explosion, il parle de l’industrie automobile où il a fait une partie de sa carrière comme « une des industries les plus complexes, parce que tu as de la grande série, tu dois faire de la fiabilité, de la sécurité, de la compétitivité, tout en faisant rêver les gens. C’est extraordinaire », finit-il.
Handball et bagnoles
Il se dirige donc vers un bac scientifique et vise une école d’ingénieur. Quand il entre au lycée, il part pour Amiens, en internat. Un établissement où étaient passés son père et son frère avant lui. Un environnement très cadré, sans surprise, dans lequel il se sent « comme un poisson dans l’eau ». Il y passe un an, et rejoint Nogent-sur-Oise (60), toujours en internat, mais cette fois dans une formule « plus responsabilisante ». Il suit cette fois un double cursus : scientifique et… handball. C’est une autre passion mais plus limitée dans le temps. Il dit d’ailleurs que ça a toujours « été clair dans ma tête ». Il a commencé le handball à l’UNSS, à son entrée au collège, aussi parce qu’il « n’y avait pas grand-chose d’autre ». Son frère joue aussi et ce n’est pas très loin de la maison. Autant de conditions pour favoriser la pratique d’un sport. Il suit ce cursus jusqu’en terminale, participe aux stages de l’Équipe de France « mais je n’ai jamais porté le maillot de l’Équipe de France. J’étais dans le groupe des 40-50 prétendants mais je n’ai jamais pu entrer dans l’équipe », dit-il sans regret. « J’étais déjà assez fier. »
Le sport-études lui fait pratiquer beaucoup « avec 7 à 8 entraînements par semaine, match le week-end », explique-t-il. En fin de terminale, son professeur part entraîner une équipe de région parisienne et lui propose de venir. Mais devenir handballeur professionnel ne l’attire pas. Le bac en poche, il arrête même le handball « du jour au lendemain ». « J’avais eu ce que je cherchais, j’avais fait la performance, les tournois. J’étais assez clair dans ma tête. Ça n’a pas été une frustration », analyse-t-il aujourd’hui.
Il entre alors en classe préparatoire et vise une école d’ingénieur, sans changer de lycée.
Certes, il aime les voitures, mais Mathieu Godart ne regarde pas que l’industrie automobile. « À l’époque, le Pont de Normandie me faisait rêver », confie-t-il, se disant « très ouvert » sur l’industrie qu’il rejoindrait. Sa prépa terminée, il intègre une école à Clermont-Ferrand, cette fois beaucoup plus loin de chez lui. « Je n’y étais jamais allé, je suis arrivé, et j’ai beaucoup aimé », avoue-t-il. L’étudiant se spécialise en « produits et structure » et commence à découvrir la matière. Il enchaîne les stages, noircit « des copies doubles de matrices de rigidité » et se dit : « c’est trop technique pour moi, je vais m’ennuyer furieusement ». Il décide dès la deuxième année qu’il enchaînerait avec une école de commerce ! Tout simplement « pour faire un peu de business, parce que j’aimais bien le côté business », ajoute-t-il dans un sourire.
Business et découvertes
En 1997, Mathieu Godart organise une césure d’un an. Il part travailler en Australie et aux États-Unis. Quand il revient, il entre dans un troisième cycle de l’ESSEC, en affaires internationales et « c’était formidable ». Pour les cours mais aussi parce qu’il reprend le handball avec des camarades devenus des copains… fidèles. « On faisait un barbecue ensemble il y a 15 jours », s’amuse-t-il. Il raconte l’histoire de « la Barjot Essec Team, la BET », en référence aux « Barjots », surnom donné à l’équipe de France masculine de handball des années 1990, qui réussira à prendre la médaille de bronze aux JO de Barcelone (1992) et sera la première équipe d’un sport collectif français championne du monde, en 1995. Mathieu Godart parle de l’Essec avec un réel enthousiasme. Cette année lui offre « une ouverture très générale, avec des profils assez variés », décrit-il. Après deux ans de prépa, trois années d’école d’ingénieur et une année à l’étranger, cette sorte d’aboutissement dans les études lui convient.
Dans la conversation, nous faisons remarquer à Mathieu Godart qu’il est toujours très positif. Il a aimé l’internat, les études, Clermont-Ferrand, les expériences à l’étranger, le hand, le rugby qu’il pratique un peu en école d’ingénieurs… « Mais oui, mais je suis quelqu’un de très positif ! La France est belle, on a la chance de la parcourir pour aller voir nos agents généraux, et je découvre toujours des coins très jolis ». Il confie que « c’est vrai, ma femme me dit que je suis toujours content », s’amuse-t-il. Une nouvelle fois.
Plusieurs chose semblent animer Mathieu Godart : les rencontres, la découverte, l’apprentissage. À Clermont-Ferrand comme à l’Essec, il parle de « melting pot de gens venus de Marseille, de Toulouse, de Lille, de Bretagne, de l’étranger aussi » ou qui ont fait « Sciences Po, des écoles d’ingénieurs, la fac ». Ces rencontres comptent, elles lui donnent « envie de découvrir là d’où ils viennent, de nouveaux territoires ».
Repousser les frontières
En termes de nouveaux territoires, Mathieu Godart revient sur son expérience en Australie, où « tu sens que tu es loin, et j’étais jeune, j’avais 22 ans ». Il travaille dans un laboratoire de l’université d’Australie du Sud, habiteà Adélaïde dans une résidence étudiante « qui était une espèce de camp d’entraînement de rugby » et découvre un pays « grand comme l’Europe, avec la population de la Belgique et des Pays-Bas réunies ». Il résume, en citant la faune et la flore : « j’étais sur une autre planète ».
Nous l’invitons à parler de son expérience à Dallas et immanquablement, dans un sourire encore plus grand, il dit avoir « bien aimé… Mais vraiment ! », comme si c’était trop gros pour être vrai. Il détaille alors : « c’était le Texas, j’ai fait tous les sports, je suis allé voir tous les sports américains, hockey, basket, foot, baseball, et le rodéo ! J’y suis allé plusieurs fois, c’est assez drôle, avec un petit côté caricatural ».
Après l’Essec, il postule dans l’industrie automobile. Il avait commencé son stage de fin d’études « le lendemain de l’annonce de la fusion avec Nissan » et retrouve Renault pour son premier poste. Il y reste huit ans, à la direction des achats, et peut parler d’organisation, de catalyseurs et de gestion de la supply chain… « Quand on a des parents profs, on aime bien les études », assène-t-il au moment de décrire sa reprise des études. « J’avais bien aimé l’Essec, alors je me suis dit que je pouvais peut-être continuer et faire encore mieux ». Il veut, en parallèle de son boulot chez Renault-Nissan, suivre un MBA à la London Business School. Il apprend le jour de son mariage qu’il est pris, et entre dans un cycle de 18 mois au cours duquel, évidemment, « c’était génial, extraordinaire sur l’apprentissage ». Mathieu Godart ne le dit pas comme ça, mais il aurait sans doute aimé partir au Japon avec Renault-Nissan. Ça ne se fera pas.
Le conseil pour voir plus grand
Pour capitaliser sur son MBA et découvrir d’autres secteurs, il postule dans le conseil, et se voit proposer « un choix cornélien » entre « le BCG et Mac », soit le Boston Consulting Group et McKinsey. Il choisit « le BCG parce que je connaissais des gens ». Paradoxalement, pendant ces années dans le conseil il « évite soigneusement les sujets banque et assurance. Je me disais que tout ça avait l’air assez ennuyeux ». Après quatre ans au BCG, il est chassé par un cabinet pour AXA. Un rendez-vous avec Véronique Weill le convainc d’intégrer la direction des achats du groupe, et il se souvient que « mon dernier entretien était avec François Pierson », l’ancien directeur général d’AXA France…
Après deux ans au groupe, il rejoint l’entité française que son profil LinkedIn raconte et que l’on pourrait résumer en un mot : directeur. Des services clients franciliens et Nord-Est à la direction générale, il a parcouru la France et découvert les marchés de l’assureur, en 12 ans. Rien de tel pour lui qui aime tant apprendre et se challenger.
Multisport, la « niaque » pour passion
Le sujet a déjà été longuement abordé dans ce portrait, mais le sport est un des domaines qui satisfait ces besoins. Sans surprise, Mathieu Godart « aime le sport de manière générale ». Aujourd’hui, il pratique moins. « Par manque de temps, je vais courir le samedi matin. J’aime bien les quais de Seine et les conditions un peu adverses, quand il pleut ou qu’il fait froid, parce que c’est beau. Je joue un peu au tennis, et on commence à se mettre au padel avec des copains. J’ai arrêté le hand autour de 40 ans, ça commençait à grincer. Et de temps en temps, on se fait des matchs de foot en salle avec les copains de l’Essec », les mêmes que dans la BET.
Par filiation notamment, Mathieu Godart a toujours aimé le rugby, mais il a « découvert depuis quelque temps le rugby féminin (qu’AXA France sponsorise, ndlr). Elles sont extraordinaires ces femmes du rugby, elles ne se démontent pas ! Notre publicité qui a tant de succès marche parce qu’elle est 100 % authentique. C’est ce qui fait tout le respect que l’on peut avoir pour ces femmes, qui surmontent beaucoup d’obstacles pour pratiquer leur sport ». Un ballon illustre ce partenariat et cette passion dans le « bureau » du dirigeant. On y trouve également une carte de France constellée de petites punaises colorées qui symbolise ses derniers déplacements.
Et au mur trône un cadre un maillot dédicacé de Pauleta, attaquant du PSG (2003 – 2008, 211 matchs et 109 buts). Logique, Mathieu Godart est un fan. « Je suis abonné au Parc des Princes (le stade du PSG, ndlr) depuis que je suis à Paris, depuis 25 ans », explique-t-il. C’est une vraie passion, née d’un « rêve du Parc » depuis l’enfance. Il a fait le déplacement pour les deux dernières finales de Ligue des Champions. Il a également un maillot de Mbappé signé, mais il n’a pas celui d’un de ses joueurs préférés, Edinson Cavani. L’attaquant uruguayen a joué de 2013 à 2020 pour le PSG, inscrivant 200 buts en 301 matchs. Mais plus que le buteur, Mathieu Godart vante « la niaque, et pour moi la niaque ça compte. Dans le sport comme dans le boulot. Il était authentique, il se battait pour l’équipe ». Il ne manque que la dédicace sur un maillot que le fan a déjà dans son armoire…
Avec tous les éléments déjà livrés, il devient facile de tracer le week-end idéal de Mathieu Godart. Pourtant… il se tait et réfléchit. Pour la toute première fois de l’entretien, il avoue qu’il « hésite ». « Il y a ma famille, ma femme et mes deux fils », lâche-t-il comme une évidence. « J’hésite sur le fait qu’on reste à Paris ou pas… » Il reprend : « ce que j’aime bien, un week-end qui est sympa mais je sais que ça va devenir de plus en plus rare, c’est le vendredi soir quand mes fils et ma femme sont à la maison. Moi j’étais un peu à gauche et à droite toute la semaine, donc là on se pose, on dîne ensemble. Et puis après, ce que j’aime bien mais qui va disparaître aussi, c’était les emmener le samedi faire leurs matchs. Après si on a un dîner avec les copains et une victoire du PSG le dimanche soir, c’est parfait ». Pour des moments intenses au cœur de ses équipes.
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