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Retour de flammes entre LECORNU et l'assurance

Sébastien LECORNU était en déplacement au Porge, en Gironde, ce lundi 17 août.
Copieusement sifflé le matin et interpellé dans ses échanges avec les sinistré·e·s sur la place et le travail des assureurs, il a promis que les services de l’État allaient « quand même se mêler de la relation des assurés avec leurs assurances ».

En matière d’incendie, la propagation est rapide quand le terrain est favorable. Et l’assurance est toujours en terrain très sensible quand un politique se déplace.
Ce 17 août, Sébastien LECORNU, Premier ministre, était au Porge, commune sinistrée par le mégafeu qui a touché la région fin juillet.
Sa visite s’est déroulée en deux temps : une partie hors média et volontairement directe le dimanche 16, puis une tournée et des rencontres très officielles le 17 août. L’occasion pour un collectif de sinistré·e·s de faire entendre leurs voix et leurs sifflets aux oreilles du chef du gouvernement.

Lors d’une conférence de presse qui a suivi la rencontre avec les élus locaux, Sébastien LECORNU a parlé des assurances, « le point le plus aigu » des discussions avec les sinistrés selon lui. Des échanges a priori brûlants, puisqu’il reconnaissait « pouvoir dire que nous nous sommes fait engueuler à la place des assureurs, donc nous ne manquerons pas de restituer aux assureurs ce que nous avons entendu. » Une bonne base pour commencer les discussions…

Interface de…

Et comme la puissance publique montre qu’elle est à l’œuvre, le Premier ministre a « demandé à l’État et aux services de l’État de jouer les interfaces. » « On ne va pas se substituer aux assureurs, mais on va quand même se mêler de la relation des assurés avec leurs assurances », a-t-il ajouté par la suite, après s’être placé à hauteur d’assuré·e et avoir rappelé « le méandre même de la relecture d’un contrat d’assurances, des petites polices, de savoir si on était ou pas à 150m du feu, tout ça, déjà c’est très compliqué, mais enfin, ça devient un obstacle quasi insurmontable ».

Mais Sébastien LECORNU est un pragmatique, et les assureurs, il les connaît bien. Quelques semaines après avoir parlé avec les complémentaires santé à Matignon, il a précisé en Gironde qu’il « passerai(t) un message personnel aux grands patrons des compagnies d’assurances ». Histoire de tempérer également ce rôle annoncé « d’interface », il a précisé que ce serait fait « avec beaucoup de loyauté vis-à-vis des compagnies d’assurances, on n’est pas là pour taper sur elles »… avant de poursuivre : « mais enfin, je le dis quand même, celles et ceux qui joueront le jeu, on dira lesquelles, et celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, on dira lesquelles aussi. Parce que c’est encore un univers concurrentiel dans lequel nous avons bien le droit de donner notre avis. »

Une goutte d’huile sur le feu que Roland LESCURE s’est empressé de maîtriser sur le réseau Bluesky : « Conformément aux directives du Premier ministre, en lien avec les assureurs, nous suivons de très près depuis le début de la crise les indemnisations des sinistrés en Gironde et dans les Landes […]. Les expertises précédant les indemnisations doivent pouvoir être conduites dans les meilleurs délais, et les indemnités associées versées au plus tôt, sans retard injustifié. J’y veille activement. » Entre les assureurs, Matignon et Bercy, les relations sont bonnes et le contacts fréquents. Mais chacun son métier.
Tout ça ressemble fort à une « posture politique », mais ce terme est désormais tabou…