PORTRAIT :
Frédéric Olivennes,
à la basse de beaucoup de choses
PUBLIÉ LE 2 Avril 2026
Frédéric Olivennes est l'invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l'Assurance le 15 avril prochain. Voici son portrait.
Frédéric Olivennes est l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 15 avril prochain. Voici son portrait.
Arriver un peu en avance à un rendez-vous peu casser une routine. Frédéric Olivennes nous récupère dans le hall d’Audiens à Vanves, revenant tout juste d’un rendez-vous, dans ce frais matin de la fin mars. Costume gris, chemise sombre, le directeur général prend le temps de s’enquérir de la santé d’une collaboratrice, glisse un mot gentil et nous sert un café italien qu’il présente comme « moins cher et bien meilleur ». Cette information confirmée, il est temps de passer au portrait.
Frédéric Olivennes est né le 13 novembre 1967 à Paris, où il a passé toute sa vie et où il vit encore. « Je viens d’une famille de professions libérales parisiennes. Ma mère était psychanalyste et elle est toujours de ce monde. Mon père était médecin généraliste », explique-t-il.
Il se décrit comme un « élève moyen », « pas médiocre mais je n’étais pas très travailleur ». Les gens qui le connaissent ne seront pas surpris d’apprendre que Frédéric Olivennes préfère passer « beaucoup plus de temps à socialiser, à faire la fête, à rencontrer des gens. Les relations humaines m’intéressaient plus que le travail à l’école ».
Selon lui, c’est pourtant l’école qui l’a aidé dans la vie. « J’étais dans une famille chouette, mais j’avais beaucoup de difficultés avec mon père », confie-t-il. « Je viens d’une famille juive assimilée, pas du tout religieuse, mais avec cette culture de ‘on en fait pas n’importe quoi dans la vie, on doit avoir une conduite éthique avec un sens de l’éthique’ ». Ce poids s’allège, assez paradoxalement, à l’École alsacienne, où Frédéric Olivennes s’épanouit dans un cadre « plus protecteur ». « L’école m’a beaucoup aidé. J’y suis resté de la maternelle à la terminale, et je vois encore des gens avec qui j’étais en maternelle ! », s’amuse-t-il. « L’école Alsacienne a une éthique protestante, dont je me suis beaucoup inspirée. C’est une forme d’honnêteté intellectuelle. L’école m’a éduqué, tout simplement », conclut-il.
Adolescent, Frédéric Olivennes ne sait pas trop ce qu’il fera, mais peu à peu « je me suis dit que j’aimerais faire du business, d’être dans le monde de l’entreprise ».
L’idée peut paraître simple, mais dans une famille de professions médicales, avec un frère, François, médecin réputé et un autre, Denis, alors dans la haute fonction publique, elle fait sens.
Liberté comme ligne de basse
Après la terminale, Frédéric Olivennes se dirige pourtant vers… une prépa littéraire. « J’ai voulu faire une hypokhâgne, parce que j’aimais bien ça, mais ça ne s’est pas bien passé et pour une raison très simple : à l’époque j’ai rencontré un mec qui habitait à deux pas du lycée, et on s’est mis à faire de la musique tout le temps. Il avait un talent fou pour chanter mais aussi pour dessiner et il est allé chez Dreamworks ensuite ».
Cette anecdote en dit beaucoup sur la vie de Frédéric Olivennes : des rencontres et une passion pour la musique au centre de tout. Mais, bien qu’il ait été éduqué « de façon trop libre », que ses parents « ne se demandaient pas si j’allais faire des études », il poursuit en droit « un peu par hasard ». Une matière stricte, très cadrée dans laquelle… il réussit. « Ça m’a bien plu, peut-être parce que justement il y avait beaucoup de cadre. Mais je suis meilleur à l’oral qu’à l’écrit, et devenir avocat d’affaires c’était écrire beaucoup. J’ai choisi de poursuivre avec une école de commerce et je suis entré à HEC par cette voie », poursuit-il. Il réussit son concours et s’oriente donc vers le monde de l’entreprise et les affaires.
Dès l’âge de 18-19 ans, il vit seul dans un studio à Paris. Quitter le foyer familial lui « a fait beaucoup de bien » précise-t-il, « sans contrainte matérielle » grâce à l’appui de ses parents. « Ça m’a aidé à me prendre en main. Je me suis mis à bosser mes études, ça m’a aidé pour le droit, pour entrer à HEC. »
L’époque est aussi marquée par un rapprochement avec sa grand-mère paternelle, « une femme incroyable qui avait sauvé sa famille en fuyant Berlin sous les nazis, puis en cachant ses enfants dans la France occupée. Cette petite bonne femme avait un accent à couper au couteau, qui avait fait peu d’étude, m’inspirait beaucoup. Quand j’ai compris qu’il fallait que je me réveille, que j’arrête de vivre en profitant du confort de mes parents, c’est auprès d’elle que je suis allé puiser de l’énergie, une sorte d’énergie vitale ». Une façon aussi de se rappeler la dureté de la vie et des origines de la famille. « Ma famille et mon éducation à l’école m’ont toujours amené à considérer qu’il y a une vraie vie et des gens qui vivent une vraie vie, et qu’à un moment, si tu n’as pas les pieds sur terre, tu te le prends dans la gueule. »
Travail en musique
À l’entrée à HEC, l’avenir professionnel se précise : « je voulais travailler dans la musique ». Un choix logique, puisque « la musique, c’est mon art », confie Frédéric Olivennes.
Dans son bureau, où se tient le rendez-vous, il y a une basse dans sa housse, et un (bel) ampli. « Je joue le matin quand j’arrive tôt », précise-t-il, « et les gars du courrier m’ont un jour chopé dans l’ascenseur et m’ont dit : ‘patron, vous voulez pas monter un groupe ?’ J’avais repéré une petite salle au -2 qui ne servait à rien, et on a installé un studio de répète là ». Et ce groupe, composé de salarié·e·s se produit chaque année à la fête annuelle d’Audiens.
Frédéric Olivennes baigne dans la musique à l’enfance. Ses parents lui achètent son premier « pick-up à 4-6 ans, et la collection complète de Brassens ». Il écoute le chanteur-poète en boucle et, vers12-13 ans, ses copains décident de monter un groupe et lui proposent de jouer de la basse. « Je suis rentré à la maison et j’ai demandé à ma mère si elle acceptait de m’offrir une basse et un ampli : elle a dit oui tout de suite ».
Il apprend la basse tout seul, à l’oreille. Le groupe, baptisé The Earth Rise, fait des reprises de Police et Bob Marley.
La musique et son sens des relations sociales lui permettent de pousser son art jusqu’à jouer avec plusieurs grands musiciens, dont Mathieu Chedid. Des photos du directeur général d’Audiens avec « M » trônent dans le bureau, où les murs sont décorés de disque d’or, d’affiches de festivals ou de concerts de rock.
Plutôt que de vivre de sa musique, Frédéric Olivennes choisit de vivre avec la musique.
« Je me suis vite dit que j’allais travailler dans le showbiz ou dans la musique », confie-t-il. Dès sa sortie de HEC, il entre dans le milieu par un stage chez Universal, sur la partie vidéo. « J’y ai croisé mon premier patron, qui m’a recruté après mon service militaire à Londres chez M6 pour y créer une activité de maison de disques. Je me suis régalé ! »
Il reste ensuite dans l’audiovisuel et la presse, sur des directions développement (France 5, Arte, Télérama, France Télévision) puis des directions générales, chez Radio Nostalgie, Radio Classique ou Weborama qu’il quittera en 2020 pour entrer chez Audiens. Son arrivée est une surprise, lui homme de marketing et des médias, dans le secteur de l’assurance. Mais cette histoire mériterait à elle seule un nouveau portrait.
Cultiver le goût des autres
Frédéric Olivennes admet être « très famille » mais pour son week-end idéal, il pourrait partir en Toscane, « entre Florence et Sienne, faire une bonne bouffe et voir des peintures de primitifs siennois », répond-il.
S’il est à Paris, le programme est… multiple. « J’aime me balader dans Paris, faire de la musique et voir ma famille. Ça peut être faire une expo, et recevoir. C’est moi qui fais la cuisine, donc j’aime bien préparer le dîner, pour des amis ou pour les enfants », raconte-t-il. Il aime prendre quelques heures pour faire ses courses dans son quartier. Et passer du temps avec ses enfants. « J’ai toujours été extrêmement présent avec les enfants », et assez exigeant en prime. « On dit toujours qu’on éduque ‘comme’ ou ‘contre’. Moi j’ai été clairement fait contre l’éducation de mes parents », ajoute-t-il.
Frédéric Olivennes estime avoir « le goût des autres ». Il est riche de « tas de bandes potes différentes. J’ai un carnet d’adresse qui n’est pas du tout un réseau professionnel travaillé, mais un pur réseau amical ». Forcément, comme beaucoup, « ça me fait ch**r de ne pas avoir le temps et l’énergie de revoir tous les gens que j’apprécie ».
Le message leur est passé.
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