PORTRAIT : Nicolas Gomart, un oeil neuf dans l’assurance

Nicolas Gomart, directeur général de la Matmut, est l’invité du prochain petit déjeuner off de La Lettre de l’Assurance. Comme le veut la tradition, il s’est plié au jeu du portrait…

À Paris, la Matmut est comme son directeur général Nicolas Gomart, plutôt discrète.
Logée derrière le musée Jacquemart-André, la mutuelle rouennaise accueille les dirigeants de passage dans la capitale et quelques salariés.

Nicolas Gomart nous rejoint dans une vaste salle de réunion, pose la veste et quelques questions sur l’organisation du petit déjeuner qui se tiendra le 19 octobre. De ses yeux bleus vifs, il capte l’attention et n’hésite pas à préciser que sur le dessin illustrant le petit déjeuner, « il y a une erreur : la raie est à gauche ».
Précision et franchise seront présentes tout au long de l’entretien.

Né à Sedan en 1964, dans les Ardennes, Nicolas Gomart n’y reste pas, suivant les mouvements d’un père militaire qui l’amènent rapidement en région parisienne. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un bon mot sur sa ville de naissance, « la seule ville de France qui a connu deux défaites majeures, en 1870 et 1939 », lâche-t-il dans un sourire. Sedan qui a toujours su se relever malgré tout.
Pour se définir, le directeur général de la Matmut estime être combatif. « Je dis en général ce que je pense, et j’ai une espèce d’énergie et de volonté de combattre assez marquées, dans un esprit positif. Nous sommes dans un environnement compétitif et c’est enthousiasmant ! Ce n’est pas se battre contre quelqu’un, c’est se battre pour quelque chose ».

Plutôt réservé, Nicolas égraine en quelques minutes l’ensemble d’une carrière commencée sur les bancs du lycée Hoche à Versailles qui se prolonge par une école de commerce. « J’étais parti pour faire une ‘sup et une spé’ (Math Sup – Math Spé, classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs, ndlr) mais je me suis dit que j’étais plus généraliste. Je me suis orienté sur une prépa école de commerce ». L’adolescent qui s’imaginait piloter des avions choisi plutôt la voltige des marchés…

En entrant à l’ESSEC, il se spécialise rapidement dans la finance, un secteur qui lui plaît, et enchaîne les stages à Paris et Londres, puis entre dans les activités de marché. « A l’époque, en 1987, la banque de marché c’était un peu ‘cheap’, la banque d’affaires, elle, était prestigieuse… J’ai aussi eu de la chance, je suis arrivé assez tôt dans un mouvement assez important qui n’a connu un coup d’arrêt qu’en 2008. »
Loin d’une carrière militaire qu’il n’a jamais envisagée, « au contraire même ! », il commence chez Indosuez à un poste « assez loin de ce que je fais aujourd’hui », sur le marché des options sur les taux d’intérêts. « C’est une vraie école de la vie ! On apprend vraiment le marché… ».
Il développe ensuite, avec des associés, une société de gestion pour compte de tiers où il s’occupe plus particulièrement de « gestion alternative », segment qui devient sa spécialité. En 1996, il rejoint une filiale du Crédit national qui est devenu Dexia Asset Management jusqu’en 2003.
Il entre alors chez ADI, toujours sur la gestion alternative. La société est une filiale de… la Matmut. « En 2008, on a sauté sur la mine LEHMAN… », se souvient-il. ADI est repris par OFI, société de gestion à capitaux mutualistes, où il sera directeur général adjoint quand Daniel Havis, «  qui me connaissait depuis le milieu des années 2000, me propose de rejoindre la Matmut ». Manifestement, ça ne se refuse pas.

C’est un bond vers un monde moins connu pour Nicolas Gomart, qui raconte avec la voix toujours aussi posée sa découverte du secteur de l’assurance. « Je suis dans l ‘assurance depuis 4 ans seulement. J’ai découvert un monde que je ne connaissais pas très bien mais que j’ai trouvé très intéressant. On a coutume de dire qu’on rejoint l’assurance par hasard mais qu’on y reste par passion, ce n’est pas faux en fait ! » Et ce que ressent Nicolas Gomart est très simple : il revient dans la vie réelle.
« J’en avais un peu marre d’être dans un monde éloigné des gens », explique-t-il. « Dans un dîner, si je dis ‘je travaille à la Matmut’, ça dit quelque chose aux gens. Quelque part, je trouve ce retour au réel très sain… je suis très heureux ! »
La Matmut participe à cet équilibre. « J’apprécie le caractère très mobile, très agile d’une structure », évoque-t-il, en s’appuyant sur les exemples de la société fondée dans les années 90 ou d’ADI. « Si ça se passe bien à la Matmut, c’est parce que la boîte a une logique de fonctionnement assez entrepreneurial. Les process internes sont sérieux et rigoureux mais pas trop lourds. Je me retrouve bien dans un schéma comme celui-ci », révèle Nicolas Gomart.

Au-delà du travail, Nicolas avoue aimer « beaucoup la musique », et se montre même fan « éclairé » d’un groupe en particulier, que les participants au petit déjeuner pourront (re)découvrir. Il est intarissable sur le sujet, mais nous préférons garder la surprise.
Il n’est pas non plus exclusif. « J’aime la musique des années 60, 70 et 80, les groupes de ‘prog’ (rock progressif, ndlr) et la musique classique, plutôt les romantiques et les compositeurs du début du siècle ».
Il pratique la basse électrique, « pas assez » par manque de temps mais prend toujours des cours de piano. Nicolas Gomart aborde peu son intimité. Certes, il court pour s’entretenir, « mais je ne suis pas marathonien », a des enfants auxquels il « laisse choisir ce qu’ils ont envie de faire ».
Suivre leur voie et trouver leurs instruments, comme il l’a fait lui-même.