Bonus / Chronique : Confinectés, pour le meilleur et éviter le pire

Illustration des chroniques et bonus de La Lettre de l'Assurance

Lucas FORTUIT adresse une chronique supplémentaire, en ce mois de mars à la maison, exceptionnellement en accès libre.
Il y est question de confinement, bien sûr, et d’assurance, évidemment. Et de futur, beaucoup ! Cette chronique est en accès libre.

Chers chroniqué.e.s de La Lettre de l’Assurance,

Il est fort à parier que si j’avais commencé à entreprendre cette chronique mensuelle avant le 15 mars 2020, je n’aurai eu que l’embarras du choix pour aborder un thème assurantiel récurrent qui fâche ou agace en ces temps agités et moroses.
Au hasard de l’actualité anxiogène qui a placé le risque sanitaire au premier plan des préoccupations urgentes de la planète entière, j’aurais pu vous interpeller entre autres, sur le manque flagrant de masques et de matériel médical pour les soignants, l’incivisme coupable des joggeurs et des globe-trotteurs au long cours, l’arrogance surmédiatisée des infectiologues ou la frilosité prudente des assureurs à prendre en charge tout ou partie du non-assuré…

Mais, après avoir lu « La Lettre aux Français depuis leur futur » de l’écrivaine italienne Francesca Melandri, parue dans Libération du 18 mars, et que je vous engage vivement à lire et à relire, j’ai délibérément chamboulé mon projet initial en méditant la conclusion de sa lettre : «  Si nous tournons le regard vers le futur lointain, celui qui vous est inconnu et nous est inconnu, alors nous ne pouvons vous dire qu’une seule chose : lorsque tout sera fini, le monde ne sera plus ce qu’il était. »
Cette prophétie interpelle à plus d’un titre, à mon sens, tous ceux qui de près ou de loin se préoccupent d’assurer leurs contemporains et leurs activités terrestres.
Oui, lorsque tout sera fini ou presque, le monde de l’assurance ne sera plus ce qu’il était en 2020. Le coronavirus covid-19 ou ses semblables à venir, a mis en sourdine le 100% santé, le harcèlement téléphonique et les querelles de chapelle entre assureurs et réassureurs de place… et va bouleverser en profondeur les modes de pensée et les priorités de protection financière de tous les acteurs économiques de la planète.

C’est toute la chaîne assurantielle directivée qu’il faudra repenser pour répondre aux attentes des particuliers et des entreprises et notamment en matière de couverture du risque économique, celui des entreprises, des artisans et des professions libérales, et plus prosaïquement du risque décès, entre autres.
Ce sera l’occasion d’innover dans tous les domaines, notamment celui du marketing, de l’assistance, de la gestion de la relation client, de l’actuariat… Et sans doute, l’opportunité pour les preneurs de risques de ne plus être de simples contributeurs à retardement ou opportuns pour pallier le non-assuré… et l’occasion d’améliorer le sort des personnes les plus vulnérables en cas d’épidémie ou de pandémie.

La création d’un régime de type assurantiel destiné à intervenir en cas de future catastrophe sanitaire majeure ne devrait pas être seulement envisagée comme accessoire aux conventions et groupements de marché existantes actuellement mais comme une priorité des instances professionnelles.
Cela dit, pour le futur lointain , soyons heureux de la connexion entre connectés contraints. Oui, restons à la maison mais confinectés pour le meilleur et éviter le pire en cas de rupture de liens.

Confinectivement vôtre,

Lucas FORTUIT

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