PORTRAIT : Antoine LISSOWSKI, en observateur éclairé

Antoine Lissowski, directeur général de CNP ASSURANCES, est l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 19 décembre prochain.

Le bureau d’Antoine Lissowski offre une belle vue sur le sud de Paris et la MGEN. En une heure de temps, le directeur général de CNP ASSURANCES prend et donne des infos, s’amuse aussi, partage ses goûts musicaux. Le ton est léger, l’homme affable. Et s’il prévient ne pas être impatient de passer au portrait, il se livre sans détour. Au point qu’il aborde sa carrière (ENA, Caisse des dépôts puis CNP) en seulement quelques mots, laissant le temps d’apprécier sa vision… Voici son portrait.
Précision : ce texte a été relu et certains passages ont été retirés par CNP ASSURANCES.

Antoine Lissowski est né à Paris, le 27 avril 1956.
Le directeur général de CNP ASSURANCES se définit comme « un parisien pur sucre» car « sans attache provinciale ». « Mes parents sont arrivés de Pologne un peu avant la guerre et n’ont pas pu rentrer chez eux ensuite. Ils sont restés en France toute leur vie ».
Logiquement, il grandit dans Paris, étudie au Lycée Claude Bernard avant de passer à Sciences Po puis l’ENA, si on résume en une seule ligne. Mais Antoine Lissowski aime les anecdotes !

Enfant puis adolescent, il n’a pas particulièrement de rêve professionnel. Voire pas du tout. « Je ne me disais pas qu’un jour il faudrait travailler », s’amuse-t-il.
Il raconte l’anecdote de ce camarade de lycée qui, apprenant qu’Antoine Lissowski veut faire Sciences Po lui répond : « mais tu sais qu’il faut travailler ! ».
De sa vie professionnelle, il passe rapidement, conscient que notre intérêt est ailleurs.
« L’essentiel de mes études c’était de lire Flaubert, Proust et tous les autres. Je pense que ça me suit beaucoup, encore maintenant ! ».
Il prend l’exemple des commissions et conseils qu’il considère « comme des pièces de théâtre. La vie professionnelle est une pièce de théâtre, où personne n’a écrit la pièce et sans metteur en scène, où chacun joue un personnage en pensant être central. Le scénario se déroule tout seul », analyse-t-il comme s’il en prenait conscience pendant la conversation.

Les lettres plus que les chiffres

« Je suis totalement littéraire et je le revendique beaucoup. Pas que je trouve que c’est mieux d’être littéraire qu’autre chose, mais j’assume complètement ça ! », s’amuse-t-il, dans un monde de l’assurance qui fait la part belle aux mathématiques et à la statistique.
Une anecdote, que nous reproduisons in extenso, l’illustre :
« J’étais en seconde au lycée. On choisissait alors sa filière assez tôt. Je ne savais pas quoi faire, donc j’avais choisi la section avec les maths. Mais trois mois après la rentrée, ça n’allait pas du tout – il faut dire que je m’en fichais alors complètement – et le proviseur du lycée me convoque avec mon père un samedi matin, ce qui n’est pas bon signe.
On tombe sur un monsieur qui était absolument formidable, un toulousain avec un fort accent qui s’adresse à mon père et à moi. ‘Voilà monsieur, vous avez choisi cette section mais trois mois après, nous avons tout de même des doutes avec l’équipe pédagogique. Nous pensons que ce n’est pas un choix très réfléchi, donc on se demande s’il faut vous laisser dans une section mathématique… Qu’aimeriez-vous faire plus tard’ me demande-t-il.
Moi, sentant bien que ce n’était pas vraiment mon jour, je regarde mon père et je me dis que je vais essayer de me faire un allié. Mon père avait fait du droit et Sciences Po, alors je réponds : ‘moi, je ferais volontiers du droit, et Science Po après si je peux !’
Le proviseur me regarde et me dit avec son petit accent : ‘Oui, et dans votre cas, on pourrait même imaginer l’école nationale d’administration’. Ni mon père ni moi ne savions ce que c’était, mais le proviseur me flèche là-dessus, alors que j’étais en situation d’échec ! En clair, il me dit ‘vous êtes nul en maths, donc il faudrait faire l’ENA ! », conclut Antoine Lissowski dans un éclat de rire, réorienté en filière littéraire à la suite de cet entretien.

Photos et famille

Et il n’a pas fini sur ses études. Il garde un mauvais souvenir des écrits, « il fallait toujours faire des plans en 2 parties, je n’y arrivais pas. Sauf pour ma dernière copie, à l’ENA. Je ne me souviens plus du sujet mais en relisant mon brouillon, je me rends compte que sans y avoir réfléchi, j’avais fait le plan en deux parties ! C’était donc signe que ma formation était terminée », lance-t-il dans un nouveau rire.
Sur ses loisirs, Antoine Lissowski est direct et répond franchement. « Je ne faisais pas de musique, pas de sport – surtout pas de sport d’ailleurs ! » Toutefois, cela ne signifie pas ne pas avoir de passion. « La seule chose que je faisais en dehors de la lecture, c’était de la photo. La lecture et la photographie, ce sont différentes façons de voir les choses. J’en fais même en réunion parfois, mais je ne vous les montre pas ! », avoue-t-il avec un nouveau rire. Il reconnaît qu’il y a peu de temps encore, il développait lui-même ses photos en noir et blanc dans son sous-sol.

Habitant en banlieue parisienne, en raison notamment d’un souhait partagé avec son épouse d’avoir une grande famille, Antoine Lissowski estime que cela a pu jouer dans les mondanités professionnelles. « Vous ne sortez pas aussi souvent dans des dîners et autres. Et puis, ma femme n’aime pas trop ça. D’ailleurs, elle n’aime pas les énarques », lance-t-il dans un énième rire.
Père de cinq enfants « mais sans petits enfants pour le moment », Antoine Lissowski considère qu’un week-end idéal est un moment dans lequel il peut « s’extraire de l’environnement de pensée dans lequel [il est] tous les jours », que ce soit dans sa maison du Croisic ou plus récemment au marché de Noël de Strasbourg. Il aime aussi partir en vacances en famille. Et la photo n’est jamais loin. Il se dit « très Cartier-Bresson, grand maître de l’instant décisif. »
Il confie qu’il aurait adoré être photojournaliste, « mais pas dans les zones de guerre ».
Antoine Lissowski garde discrètement un goût immense pour l’observation du monde qui l’entoure.