PORTAIT : Bertrand de Surmont, l’autre appel de la forêt

Bertrand de Surmont, président de la CSCA et du cabinet FMA assurances, est l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance, le 13 juillet prochain. Voici son portrait.

Depuis quelques mois, la CSCA a déménagé, laissé derrière elle ses vieux locaux poussiéreux de la rue Saint-Lazare, pour s’installer rue Auber, à deux pas de l’Opéra. Dès les premières questions, l’exercice du portrait paraît compliqué. « Je ne suis pas quelqu’un qui parle naturellement de lui. Je n’ai pas l’habitude de me mettre en avant », explique Bertrand de Surmont, capable d’éclater de rire puis de murmurer juste après. Finalement, le rendez-vous se passe bien.

Bertrand de Surmont est né le 20 juillet 1961 à Blois, dans le Loir-et-Cher. Il grandit dans une petit village jouxtant Blois. Il fait ses études à Blois et file ensuite au Havre. Son père était président d’une mutuelle d’assurances, la Mutuelle générale d’assurances – la MGA qui fêterait ses 197 ans cette année – qui a depuis rejoint le groupe Monceau. « Mon père était d’une grande discrétion, il ne parlait jamais de son métier et du travail à la maison », se souvient Bertrand de Surmont. La fibre assurance ne lui vient donc pas de là. Pire, pour certains, il a des origines de banquier ! « J’ai commencé ma carrière dans la banque », détaille-t-il. « C’était un métier qui m’intéressait, même assez jeune », reconnaît-il. Pourtant, ce n’est pas vraiment sa passion première. « Moi, je voulais faire garde-chasse. Mes parents m’ont dit : ‘très bonne idée, tu vas faire l’agro’ », raconte-t-il avant d’exploser de rire. « Je n’ai pas fait l’agro mais une école de commerce. J’avais ces deux idées, j’ai préféré le parcours école de commerce. Mes parents ont sans doute été convaincants ! »
Il se définit comme un élève « plutôt travailleur, sans aspérité ». Le premier grand mouvement est le départ pour la prépa sup’ de co’ au Havre. « Dire que le passage de Blois au Havre s’est fait dans la totale sérénité, je n’irai pas jusque là… C’était un peu compliqué mais ça m’a permis d’acquérir mon autonomie. » Après Le Havre, direction Paris pour y intégrer une école de commerce. De ville en ville, Bertrand de Surmont est obligé de mettre entre parenthèse ce qu’il appelle « une passion générique : tout ce qui tourne autour de la nature ».

Grandes forêts et moyennes entreprises

Il entre un peu par opportunité dans le courtage. Il commence à la Banque de l’Union Européenne où il est chargé d’affaires, de 1984 à 1987. « Puis assez vite, j’ai basculé dans le monde du LBO… »
Des investisseurs qui voulaient rentrer dans le courtage d’assurances lui proposent de les suivre. Sans hésitation, Bertrand de Surmont se lance. « J’avais assez vite compris l’intérêt du courtage d’assurance dans sa pertinence et sa pérennité. » Il est catégorique et n’a « aucun regret ». « C’est un super secteur, avec des gens passionnant. Ce qui a caractérisé longtemps le courtage d’assurances, c’est le respect de la parole donnée. C’est quelque chose de fort. La proximité et les relations humaines, c’est important ». Cet aspect « village » le passionne toujours. D’ailleurs, il n’aurait pas fait autre chose dans l’assurance. « Il y a un effet PME. Je ne suis pas un homme de grands groupes. Je sais que j’y serai malheureux. Je crois qu’une fois qu’on a goûté à la position de dirigeant de cabinet qui a la possibilité de tirer sur toutes les ficelles de l’entreprise, c’est compliqué de rentrer dans une structure où on devient très spécialisé. Moi j’aime voir l’impact de ce que je décide ».

Tant qu’il y aura des arbres

C’est un principe que l’on retrouve dans la grande passion de Bertrand de Surmont, qu’il a « depuis tout petit ». Il s’agit, selon ses termes, « des bois, de la chasse, de la forêt. Mon père m’a initié à la chasse », reconnaît-il, mais ça va bien au-delà de ce que d’autres personnalités de l’assurance peuvent faire. « Le week-end idéal, c’est dans les bois, sur mon tracteur, avec ma tronçonneuse. Ça c’est bien ! J’ai aussi le privilège de pouvoir chasser chez moi, avec des amis ». Et la vie à Paris ? « Paris, c’est la semaine, c’est le boulot, mais il faut que je sorte, sinon ça devient assez vite oppressant ». Bertrand de Surmont distribue sa semaine dans la capitale, entre la CSCA et le cabinet de courtage FMA Assurances situé à la Défense. « Le week-end, je pars le plus souvent possible ».
Le président de la CSCA est installé dans les environs d’Orléans, dans une propriété qui lui permet de chasser, mais pas seulement. Quand sa réussite professionnelle lui a permis d’acquérir une propriété, ce fut une forme d’aboutissement, mais pas au point de tout plaquer. « La vie professionnelle ne s’oppose pas à la vie privée », défend-t-il. « C’était important pour moi de réaliser ce rêve mais je ne me suis pas vu tout arrêter. »

Forcément, il cherche à transmettre cette philosophie de vie proche de la nature à ses trois enfants, même si un seul chasse, « pour le côté convivial ». « Je pense que je transmets plus une manière de vivre. Ce qui manquera le plus à l’avenir, c’est l’espace. C’est bien d’avoir un peu d’espace ». Serait-il prêt à s’engager dans la vie associative ou politique ? « Si un jour j’ai l’opportunité de le faire, je pourrais m’engager plus pour la forêt. Mais on ne peut pas tout faire, et surtout pas tout à la fois », explique-t-il. Et de conclure : «Tout devrait s’équilibrer. Les arbres donnent une temporalité, il faut laisser le temps au temps ». Tant qu’il y aura des arbres, Bertrand de Surmont gardera le sourire.