PORTRAIT : Patrick SAGON, tout en mouvement

Patrick Sagon, président de La Mutuelle Générale, est l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 23 mai. Voici son portrait.

Patrick Sagon reçoit dans son bureau décoré de quelques dessins reproduits de La Lettre de l’Assurance le représentant.
En jeans et veste sur un polo, le président de La Mutuelle Générale est décontracté et souriant. Surtout, il est confiant et prévient d’emblée : « Pour le portrait, ce sera mutualiste seulement, hein ! » Si vous le dites…

Patrick Sagon est né le 11 août 1954, à Cepoy, dans le Loiret (45) village où « il doit bien y avoir… 250 âmes ! »
Selon Patrick Sagon, le village a été plus animé pendant un temps, « lorsqu’il y avait Hutchinson pas loin. Mais Hutchinson ayant rendu l’âme… ». L’entreprise était située à Chalette sur Loing, commune attenante de Montargis.
Précisons toutefois que les chiffres de recensement repris par Wikipédia font état de 1 723 habitants à Cepoy en 1954 et 2 366 en 2016…
Patrick Sagon se souvient également de la présence de cosaques. « Suite à la révolution russe (1917), des cosaques – qui étaient la garde rapprochée du Tsar – se sont installés dans le Loiret et ils ont perpétué une tradition de spectacle équestre, même encore maintenant », explique-t-il.

Bien que le président de LMG parle facilement du Loiret, il lâche avec franchise : « Si je devais qualifier le Loiret, j’aurais du mal… Ce n’est pas la Beauce ! Qu’est-ce qu’il y a dans le Loiret ? (il cherche) si, il y a la Nationale 7, de Charles Trenet et Montargis, les premiers bouchons ». Il rit.
La famille est originaire du Jura. « Mon père était un grand aventurier, il a trouvé sa femme… une ferme plus loin ! », commente le président de LMG, toujours en riant. « Quand j’étais enfant, on passait nos vacances là-bas, on était libres comme l’air et le repas du midi, c’était en fonction du melon. On passait chez les deux grands-mères, on demandait qui servait du melon et on disait ‘ce midi on mange chez toi’ », détaille-t-il dans un nouveau rire.
Si le portrait dépasse la carrière mutualiste, Patrick Sagon peut répondre à une question par un simple « oui » quand celle-ci est mal tournée.

École forestière

Il grandit donc dans le Loiret, fait sa scolarité à Montargis, « au Lycée en Forêt, qui était un lycée exceptionnel car comme son nom l’indique, il était en pleine forêt ». Il en garde un excellent souvenir : « C’était le paradis. Il y avait un internat et tous les Parisiens qui avaient (pause) des difficultés, qui avaient mis un peu le bazar, étaient envoyés là par punition. C’était pas trop loin de Paris et il y régnait une qualité de vie acceptable ».

Avec cette population plus aisée, le lycée est « très dynamique. Il y avait une activité théâtre, la fête du lycée était un monument ! » Patrick Sagon fait ensuite référence au film Les Zozos, tourné dans le lycée par le réalisateur Pascal Thomas, un de ses anciens élèves.
Après un bac C, Patrick Sagon n’a pas un métier en tête. « Je suis issu d’une famille modeste. Les fils de notaires voulaient devenir notaires, les médecins, médecins, on a eu deux pilotes d’avion aussi… », résume Patrick Sagon.

Bonnes ondes à LMG

Intéressé par la physique, le bachelier se tourne vers l’Institut national des Télécoms et France Telecom, « une boîte qui accompagne ». Là, il rencontre les Polytechniciens, « ils étaient plus de 800 », des ingénieurs de Sup Telecom mais Patrick se passionne pour la formation et l’enseignement, notamment, jusqu’à arriver à un point précis. « Je me suis arrêté quand j’ai vu que je pouvais enseigner n’importe quoi ».
Un jour, Patrick Sagon est contacté par des représentants de La Mutuelle Générale. Il n’a alors aucune idée des arcanes mutualistes, ni de ce qu’est la mutuelle.

« Le vice-président, qui supervisait l’informatique, était directeur d’un des centres informatiques de La Poste. Il avait manifesté le désir de quitter son poste et il cherchait un remplaçant. Quand ils sont venus me voir, ils m’ont dit : ‘nous avons deux noms en tête’. Je leur ai répondu de ne pas s’embêter et d’aller voir directement le deuxième », s’amuse-t-il. Finalement, il s’intéresse au poste et pose « la question la plus importante : vous êtes situés où ? ».
C’était à Place d’Italie, ce qui convient à Patrick Sagon.
« J’étais adhérent à LMG depuis très longtemps, mais je ne savais même pas ce qu’était la mutuelle ! Côté informatique il y avait un directeur qui touchait sa bille, qui est toujours ici d’ailleurs, qui n’avait pas besoin de moi. Mais j’ai vu que dans les comptes, c’était différent. »
Il entre dans la mutuelle, devient trésorier « après un an et demi » et il provisionne toutes les garanties. « Je leur ai fait dépenser 700 millions d’euros », assène-t-il.

Bicyclette et mutualisme

LMG est prise dans la transformation de son administration et des entreprises référentes que sont La Poste et France Télécom. « Nous étions obligés de bouger vite. On devait maintenant gérer du collectif, ce qui faisait tâche dans le mouvement mutualiste. On ne savait plus trop où se placer : nous n’étions plus vraiment fonction publique mais pas non plus interpro. Au final, personne ne nous aimait ! ».
Patrick Sagon estime que la mutuelle doit encore bouger et demande à prendre la présidence, organise la gouvernance pour occuper également des fonctions de DG et tient sous cette forme jusqu’à l’avènement de Solvabilité 2 et la séparation des fonctions.

Mais revenons à la vie personnelle.
Côté sport, Patrick Sagon reconnaît avoir « découvert le sport sur le tard. J’étais le petit dernier d’une famille de 5 enfants donc je faisais rien, j’étais gâté », s’amuse-t-il. « J’ai découvert le sport à l’armée, en faisant l’école des officiers de réserve (EOR). J’ai terminé 6e, je me suis plutôt bien débrouillé finalement. J’ai trouvé ça génial ! »
Si à l’époque de son passage dans l’armée il fait beaucoup de course et de natation, maintenant, son sport de prédilection est le vélo.
Habitant en Seine et Marne, il fait « 120 km tous les week-end, en deux fois », et surtout s’entretient avec 30 minutes de vélo d’intérieur tous les matins, « en regardant BFM TV ».
Le sport est incontournable dans la vie du président de la Mutuelle Générale. « Moi, j’aime rien faire », confie-t-il, « mais il n’y a pas beaucoup de week-ends pendant lesquels je ne fais rien ! » Et le vélo lui prend toujours trois bonnes heures, « parce que si je ne sors pas, je suis de mauvaise humeur ». « Je peux en faire avec des amis, mais être tout seul ne me dérange pas ». Habitué à partir en Corse pour les vacances, il a le même rythme. « Je nage aussi trois heures. Je fais des allers retours ! »
Parce que Patrick Sagon aime surtout avancer. Au point, finalement de reconnaître : « je suis allé au delà du portrait mutualiste ». Heureusement.