PORTRAIT :
Philippe Perret,
go,
go,
Gone !

PORTRAIT : Philippe Perret, go, go, Gone !
PORTRAIT : Philippe Perret, go, go, Gone !

Philippe Perret, directeur général de Société Générale Assurances, est l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance le 14 février. C’est un retour, après un premier passage, le 6 juin 2018. Découvrez son portrait.

« J’aime quand les choses vont vite, quand les réunions vont droit au but, qu’elles démarrent et finissent à l’heure », reconnaît Philippe Perret. C’était le point de départ parfait pour l’entretien de préparation au prochain Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance, mais cette révélation est arrivée après 55 minutes de rendez-vous au treizième étage d’une tour de la Défense.

Le directeur général de Société Générale Assurances se présente, surtout, comme un homme d’action.
Pour comprendre l’efficacité de notre invité, rien de plus simple. Il détaille son enfance, résume ses études puis sa carrière. Quelques questions pour autant de réponses longues et précises donnent, au final, ce portrait.

Lyonnais de Fourvière

Né le 11 janvier 1963 à Lyon, Philippe Perret passe les vingt premières années de sa vie dans la Capitale des Gaules, entre la colline de Fourvière et le Lycée la Martinière où il finit ses études avant « de monter à Paris ».
Si Lyon ne se résume pas à la « colline qui prie » surplombée par la basilique Notre-Dame de Fourvière, c’est de ce promontoire que Philippe Perret regarde la ville. « Mes parents habitaient à ce moment là à l’extérieur de Lyon et ils m’avaient loué un petit studio sous les toits avec une vue magnifique sur Lyon et sur la Saône. J’étais très attaché à cette colline où vivaient mes grands-parents, ainsi qu’au quartier historique », raconte Philippe Perret, des étoiles dans les yeux.

Installé depuis 35 ans à Paris, il garde des souvenirs de sa jeunesse lyonnaise où il va beaucoup moins maintenant. Et loue un côté pratique de la situation de la ville. « J’ai passé une enfance assez extraordinaire. Je suis un fan de ski et nous allions beaucoup à la montagne avec mes parents. Ce n’est pas possible d’ici… »
Il rejoint la capitale à 20 ans, après sa prépa, pour intégrer l’ENSAE. « C’était la seconde fois seulement que je venais à Paris ». Il s’y installe et n’en bouge plus. Philippe Perret cultive un côté urbain au quotidien mais s’échappe pour les loisirs. Il explique : « je pratique les activités sportives en plein-air. J’adore la montagne, je trouve que c’est un monde fascinant mais je passe aussi beaucoup de vacances avec mes enfants. Nous partons au ski, nous visitons des pays lointains, comme le Japon que j’adore, ou la côte ouest des Etats-Unis. J’aime aussi beaucoup les îles. A chaque fois, nous faisons du tennis, du snorkling (plongée sans bouteille, ndlr). Mes loisirs se passent en dehors des villes », résume-t-il.

Le mariage des mathématiques et de l’économie

Pragmatique, le directeur général de Société Générale Assurances reconnaît maintenant un faible pour Paris, où l’offre culturelle est plus grande. « J’ai toujours des amis originaires de Lyon mais qui ont poursuivi leurs études en région parisienne », explique-t-il.
Pendant longtemps, il voulait être pilote d’avion. « Quand j’ai fait ma classe prépa, j’y ai encore pensé, mais j’étais intéressé par l’économie. J’ai envisagé aussi une carrière médicale, mais j’aimais beaucoup les mathématiques ». Des choix, des décisions, des actions.
Le choix de l’ENSAE vient de là. « J’étais beaucoup moins passionné par la physique et la chimie. Je fais partie de ces gens qui trouvent les mathématiques belles. En revanche, la physique et la chimie m’ont beaucoup moins attiré. L’ENSAE était la seule école sans physique ou chimie dans son concours. » Il ne faut toutefois pas imaginer Philippe Perret faire un choix par défaut. Depuis quelques années, il s’intéresse aussi beaucoup à l’économie.
« La politique économique, la marche de l’industrie et de l’économie du pays me plaisaient beaucoup. J’avais un ami qui avait intégré l’ENSAE un an plus tôt et qui m’en avait dit le plus grand bien. Je savais où j’allais. J’étais resté en contact avec lui parce que Lyonnais de la colline de Fourvière », conclut-il dans un rire.
Il n’y a pas vraiment de plan de carrière dans ce parcours, mais un désir de mettre en pratique, en action, les connaissances en économie et mathématiques.

En parallèle de ses études à l’école de statistiques, il suit un DEA de macroéconomie. S’ensuivent deux stages dans des directions des études économiques, au Crédit Lyonnais et au ministère des Finances. « Mon rêve à ce moment là était plutôt de m’orienter vers les études économiques. Mais en faisant ces stages, je me suis rendu compte que les gens étaient un peu frustrés, parce que les études et les documents qu’ils produisaient, les orientations qu’ils proposaient n’étaient pas toujours suivies dans les établissements dans lesquels ils étaient. » Ce n’est pas du tout ce que cherche Philippe Perret, qui ressent le besoin de voir appliquer ses connaissances.
Il reçoit une proposition pour faire de la gestion financière chez BNP. « En gestion financière, on avait la possibilité d’utiliser ses connaissances économiques, y compris fondamentales et de les mettre en pratique. On pouvait prendre des décisions et ça m’attirait. »

L’assurance par hasard… et par chance

Pour Philippe Perret, la bonne surprise se poursuit avec la possibilité d’intégrer Natio Vie, une petite structure de 40 personnes pour « créer le service de gestion financière de cette entité d’assurance-vie naissante. J’ai un peu hésité, j’avoue, et j’ai choisi d’aller vers une structure moins visible mais qui m’offrait plus d’autonomie. J’ai eu un peu de chance. Ma décision n’était pas totalement rationnelle, et je suis rentré en 1987 au tout début de la bancassurance dans un grand groupe ».
Il se souvient avec émotion de son badge, numéro 43, et reconnaît avoir aussi eu à l’époque la possibilité de rallier la Banque de France. « C’était un peu une start-up, qui fonctionnait comme une petite PME ».

Là commence l’aventure bancassurance de Philippe Perret. « J’ai profité de la croissance du secteur et de Natio Vie. J’y suis resté 10 ans en ayant chaque fois plus de responsabilité. J’étais nommé directeur financier à 29 ans ! A l’époque je trouvais ça très normal, je trouve aujourd’hui que c’était très jeune ! ».
En 1997, un chasseur de tête lui propose la Société Générale. Il ne voit alors pas trop pourquoi changer, mais ses interlocuteurs lui vendent « un challenge : intégrer Sogecap et de monter une direction financière et de l’ALM qui n’existait pas encore ». Il devient DGA de Sogecap puis reprend l’ascension de la profession passant même par la création de la branche internationale.
Il prend, en 2009 la direction générale de Sogecap et Société Générale Insurance.

Homme d’action et de long terme, Philippe Perret « aime creuser des sillons » tout en « pilotant les risques », ajoute-t-il par la suite. « J’aime la montagne, mais je ne fais pas d’alpinisme, par exemple », explique-t-il, pour illustrer qu’il apprécie avant tout maîtriser les éléments.
« Les entreprises qui réussissent, comme les groupes d’hommes qui réussissent […] sont des structures capables de s’adapter. Je suis Darwinien. Pour s’adapter, il faut décider vite, sentir les choses et partager l’information. Je crois beaucoup à la transparence et à la circulation de l’information, et à l’action. »
Arrivé dans l’assurance par hasard, il y trouve de nombreux intérêts, parce qu’elle évolue et s’adapte au monde. Tout ce que Philippe Perret apprécie.

  • TAGS :