PORTRAIT : Stéphane Dessirier, fait mouche naturellement

Stéphane Dessirier, DG de MACSF, est l’invité du Petit déjeuner Off de La Lettre de l’Assurance, le 7 septembre prochain. Voici son portrait.

La MACSF ne blague pas avec la sécurité. Alors quand un exercice d’évacuation est organisé ce mardi 11 juillet, c’est l’ensemble des collaborateurs des immeubles de la Défense qui se retrouve sur le parvis. Même le DG Stéphane Dessirier, aperçu dans la foule en bras de chemise. Et tant pis s’il a rendez-vous avec La Lettre de l’Assurance.
Quinze minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une salle de réunion au 8e étage de l’assureur mutualiste. Pour enfin commencer… Pas vraiment. La patrouille de France passe dans le ciel duquel l’immeuble Triangle nous rapproche, en pleine répétition du défilé prévu trois jours plus tard. Il en faut plus pour nous arrêter, et sans doute encore plus pour assombrir l’humeur de Stéphane Dessirier.

Stéphane Dessirier est né le 31 août 1960, à Amiens, dans la Somme, « comme Emmanuel Macron ». La blague est placée, ce n’est que le début. « Je suis allé au collège de La Providence, où est allé Emmanuel Macron, et où enseignait son épouse, que j’ai bien connue étant jeune », poursuit-il dans un sourire, que nous partageons. « C’est vrai ! », insiste-t-il. Son fils a même eu Mme Macron en professeure, alors que le jeune Stéphane Dessirier était au collège « en même temps » que Brigitte.

Amiens au coeur

Stéphane Dessirier est un pur produit amiénois, sans l’accent, ce qui est presque dommage même si celui-ci peut revenir, selon des proches, dans quelques moments de convivialité. Pas de démonstration pendant l’entretien et nous n’avons pas posé la question.
« J’ai grandi à Amiens et j’habite toujours à Amiens, dans la rue du père d’Emmanuel Macron », ajoute-t-il, en éclatant cette fois franchement de rire. « Je vous fais un fil conducteur, c’est plus amusant ». A-t-il fait du foot avec lui ? « Non, mais j’ai fait du tennis dans le même club. J’ai arrêté trop tôt pour jouer contre lui ! ». L’entretien est clairement devenu incontrôlable, tandis que des mirages déchirent le ciel de la Défense dans notre dos. Notez que c’est la seule question à laquelle Stéphane Dessirier ne répondra pas : connaît-il personnellement Emmanuel Macron ?

Sa résidence principale est à Amiens et il rentre chaque week-end, après avoir vécu la semaine à Paris. « Je fais ça depuis très longtemps… (il cherche) depuis 1995 ».
Diplômé de l’école de commerce de Lille, il commence par le conseil, avant d’entrer dans le groupe Auchan. Il passe ensuite par une banque de crédit pour les PME. Il entre au Gan en 1984. En charge de la région Nord puis Nord-Est, il revient à Amiens en 1988 et c’est quand le Gan le rappelle pour prendre la direction particuliers / pro qu’il commence cette vie partagée entre Amiens le week-end et Paris la semaine.
Il quitte le Gan en 2003, après la fusion avec Groupama et peu de temps après l’arrivée d’un nouveau directeur général « avec qui je me suis copieusement engueulé », raconte-t-il. « Quand je suis parti, j’étais l’avant-dernier membre de direction du Gan des années précédentes. J’ai bien résisté ! À l’époque, il ne restait plus que Benoît Maes et moi », précise-t-il. Benoît Maes qui, depuis, est devenu directeur financier de Groupama.

Truites et sociétaires

Commence alors une nouvelle carrière chez MACSF, faite d’une ascension progressive au sein de la mutuelle des médecins. Et ça tombe plutôt bien, les médecins, dans la famille Dessirier, ce n’est pas ce qui manque. Ni d’ailleurs une certaine forme de reproduction du modèle. « Dans la famille, il y a des agriculteurs et des médecins, c’est assez binaire finalement », explique-t-il. Une des branches l’envoie à La Providence. « La Providence est un collège fait plutôt pour réussir. Tout ceux qui pourraient rater le bac sont virés avant », sourit Stéphane Dessirier. « Mon père était médecin – comme le père d’Emmanuel Macron – et il était élève à La Providence, mon grand-père aussi. C’était la tradition familiale de faire ses études là bas. Je n’ai pas regretté, c’était plutôt sympa, j’en garde de très bons souvenirs. »
Etait-il bon élève ? « Bof, je ne travaillais pas beaucoup, mais quand je m’y mettais, je travaillais intensément. J’étais assez économe et d’un seul coup, je faisais de gros efforts pour recoller ensuite ».

Cette « économie » lui permet de dépenser son énergie en sport. Tennis, golf et chasse « Ce n’est pas très bien », lâche-t-il en baissant la voix, avant de révéler :  « j’ai arrêté la chasse pour me mettre à la pêche à la mouche. C’est ma grande passion ». Qui ne colle pourtant pas à la tradition familiale… « Les agriculteurs étaient chasseurs, les médecins faisaient du golf. Je me suis mis au milieu », assène-t-il en riant. La passion arrive tôt. « J’ai commencé vers 16 ans, parce que les rivières de la région s’y prêtent. Et un de mes amis avait une grande ferme dans l’Eure et c’est là que c’est venu. »
Loin des rivières de l’Eure, Stéphane Dessirier confesse « pêcher beaucoup à l’étranger ». « Je suis allé en Patagonie, en Sibérie. C’est très contemplatif et très bucolique ». Sa dernière destination est l’Autriche, près de la frontière Slovène, en octobre dernier.

La pêche à la mouche est particulièrement technique et il nous explique la spécificité de ce sport où le poisson décide de tout. « C’est très écologique, on ne prélève pas de poisson pour maintenir l’équilibre ». Surtout, c’est un groupe de copains qui se retrouve pour taquiner la truite aux quatre coins du monde. « Nous sommes six en tout. On voyage toujours ensemble, à trois ou quatre en fonction des disponibilités ». Il peut alors raconter avec force détails les voyages, comme les « 400 km de rivière descendus en Patagonie, sur des rafts pilotés par des guides et où vous ne croisez personne en 10 jours. Pas un être humain ! » Sauf les équipes qui font le campement, bien sûr.

La nature avant tout

Cet isolement, cette « nature à l’état brut », c’est en partie ce que recherche Stéphane Dessirier dans ces voyages, « surtout que je suis nul en pêche à la mouche », confie-t-il dans un nouveau rire. « C »est pareil, je ne fais pas les mouches, j’ai des copains qui les font très bien ! J’adore la pêche, mais il n’y a aucune compétition. Le truc, c’est d’être avec ses amis au milieu d’une rivière au milieu d’un magnifique paysage, avec personne qui vous importune, pas de bruit. Après, c’est le jeu avec le poisson. » Un groupe de copains sans assureur. « Il y a des médecins, pharmacien… Ca reste des sociétaires ! ».

Au-delà de la pêche à la mouche, Stéphane Dessirier est un amoureux de la nature. « Je préfère travailler à Paris. Et rentrer le week-end me permet de faire une vraie coupure. J’ai un vrai besoin de nature ». Même dans ses loisirs. « Je joue au golf. J’ai fait longtemps du tennis, j’étais franchement nul, mais je me suis accroché ! » Nouveaux rires. Il a fait de la voile, avait un bateau qui se trouvait en Bretagne, « parce que c’est difficile de faire de la voile au Touquet ». Il aime la nature au point d’avoir rêvé, enfant, de faire vétérinaire. « J’ai toujours eu des animaux, j’adore les animaux. Sauf le cheval, le cheval ne m’aime pas, je crois que nous ne sommes pas fait pour nous entendre. » Avec quelqu’un qui apprécie autant la convivialité, qui a encore « beaucoup d’amis d’enfance », c’est difficile à croire.